Manifeste

Si c'est votre première visite, je vous invite à LIRE LE MANIFESTE!

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mercredi 22 août 2012

La soupe aux oubliettes

Je vous néglige; je le sais et m'en excuse. Dans un billet prochain, je vous expliquerai le pourquoi de ce silence prolongé.

*****

À la maison, nous essayons de recycler le plus possible; nous compostons, nous réutilisons, nous réparons. Nous optimisons!

D'abord, par conscience sociale et environnementale, mais aussi par conscience économique.

*****

Vendredi soir, je préparais une batch de ma soupe aux oubliettes.

De cossé?

Chaque fois que l'on prépare de la bouffe et que des retailles de légumes sont inutilisées (pieds de brocoli, coeur d'un chou-fleur, carottes ou poivrons ramollis, pieds de poireaux et d'échalotes, coeurs d'oignons, etc.), nous les coupons en petits morceaux et les mettons au congélo, dans de vieux pots de crème glacée (réutilisation) et savamment étiquetés POUR SOUPE.

Le bouillon qui survit à une fondue chinoise? Il reçoit un traitement similaire. Dans un pot, au congélo.

Idem avec les gros os de steaks.

Une fois que j'ai une bonne quantité de ces ingrédients amassés, je me mets à la soupe.

Bouillon de fondue, os et légumes congelés : tout se retrouve coude à coude dans la marmite (couverts d'eau). Cuisson à feu doux pendant environ 90 minutes. Ajout de quelques herbes, sel et poivre et on attend patiemment que la chaleur fasse son oeuvre. Plus la cuisson est lente et à feu faible, plus les nectars semblent gagner en richesse et plus la texture finale sera veloutée.

Les ingrédients rassemblés et couverts d'eau.

Une fois que les saveurs se sont entremêlées (et croyez-moi, quand je fais ma soupe, ça sent mauditement bon dans la cuisine) et les os retirés, le tout passe au malaxeur.

La crème résultante refroidie (voir la note ci-bas), elle est portionnée dans des pots de yaourt vides (ah bin... encore de la réutilisation? Eh oui!) étiquetés (avec un bout de ruban à masquer sur lequel on écrit au Sharpie), puis congelés.

!!! Il est important d'attendre que la soupe soit froide avant de la mettre dans des pots de yaourt,
car le plastique de ces derniers supporte mal la chaleur et pourrait transférer des particules plastiques
à votre nourriture.

Étiquetés et prêts pour la congélation

Et voilà! À très faible coût, une 10aine de pots de soupe qui peut dépanner, servir de lunch ou de repas à la sauvette. Parfois, j'ajoute de l'orge déjà cuite dans le mélange, pour un peu de texture. Ou vous pouvez servir le tout orné d'une noix de crème sûre et parsemé de persil ou basilic frais.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Quand on s'y attarde, la quantité de bouffe que l'on relègue aux oubliettes est phénoménale. S'agit de prendre un peu de recul, de s'informer un tantinet et de faire preuve d'audace et d'originalité pour reserver à ces aliments rescapés une deuxième vie, autre que de terminer dans un site d'enfouissement ou au composteur.

Comme le remarquait un de mes bons potes, nos grands-parents faisaient souvent preuve de cette approche économique (par besoin plutôt que par intérêt) et l'industrialisation de la nourriture nous a éloigné de ces bonnes habitudes. Pourquoi ne pas revenir aux sources et reprendre le flambeau?

:: À VOUS LA CAISSE

Avez-vous quelques trucs, conseils ou recettes de cuisine qui maximisent les dollar$ consacrés à l'épicerie?


jeudi 19 juillet 2012

Attention : L'argent rend bel et bien heureux!


Vaut mieux être pauvre, mais en santé.

La vraie richesse, c'est de n'avoir besoin de rien.

La richesse de l'homme est dans son coeur.

Mieux vaut sagesse que richesse.

L'argent ne rend pas heureux.

... et autres ici et ici.

Nous connaissons tous ces dictons et proverbes. Nous en avons soupé. Mais est-il réellement mal de chercher à améliorer son sort? À vouloir augmenter notre capacité à s'offrir des plaisirs de la vie? Pourquoi la quête de la liberté et de l'autonomie financière est-elle mal vue, voire démonisée, dans la société québécoise?

Dès qu'un individu poursuit un idéal pécuniaire, on lui colle une belle grosse étiquette de sale capitaliste, de sans valeur et de profiteur. De libéral de droite.

Or, la distinction gauche et droite s'estompe de plus en plus.


À gauche, des syndicats de travailleurs qui aident les riches à frauder le fisc.

Ce n'est donc pas l'argent qui se trouve à gauche ou à droite, mais les motivations et les actions de celles et ceux en quête de bidous.

*****

Quand quelqu'un réussit, il est crosseur et vendu, ou il a été chanceux ou opportuniste.

Mais la vraie question n'est pas de savoir si l'argent est bien ou mal.

La vraie question : quelle est la quête profonde qui motive votre désir de liberté financière?

Il faut faire une grande distinction entre deux objectifs:
  • L'individu qui aime l'argent pour l'argent, qui étrangle les autres — et la planète — pour accroître sa propre richesse et qui n'en a que pour les grosses bagnoles, les fringues exhorbitantes et le pouvoir politique;
  • Celle ou celui qui cherche à améliorer son sort pour voyager, passer plus de temps en famille, créer, croître et offrir.
L'histoire de Karl Rabeder — qui, en 2010, liquide sa fortune personnelle pour retrouver le bonheur — tend à prouver que le bonheur ne réside pas dans l'argent à outrance.

Et les mourialais reconnaîtront certainement cet itinérant qui chaque soir, égaie les passants en leur offrant sa poésie urbaine. Pour l'avoir moi-même croisé à maintes reprises dans les files d'attente de bars — à une époque pas si lointaine où je fréquentais lesdits débits de bouésson — cet homme semble sincèrement heureux.

Alors, est-ce que l'argent rend heureux ou non? Est-ce que la pauvreté recentre sur les vraies valeurs humanistes? Je ne crois pas; tout prend racine à un endroit : les motivations profondes qui vous incitent à poser chacun de vos gestes quotidiens. Personnels. Financiers. Familiaux. Sociaux.


:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Cessons d'avoir honte de vouloir augmenter notre pouvoir d'achat et notre liberté financière. La honte, ce n'est pas le fait de posséder des biens et d'être libre; la honte devrait surtout émaner d'objectifs vils et égocentriques, de méthodes destructrices et malhonnêtes.

Soyons fiers de poursuivre un idéal qui n'est pas nécessairement mercantile en soi, mais qui a besoin de re$$ources pour le concrétiser.

Z'en dites?

Pour terminer sur une petite note amusante et inspirante, cette vidéo (en anglais) tirée d'un site que j'adore : TED. On y apprend, étude à l'appuie, que l'argent rend bel et bien heureux. Mais la conclusion vous surprendra certainement.

Et si vous aimez la vidéo, ce texte (en aglais) vous plaira aussi!

Michael Norton: How to buy happiness





vendredi 29 juin 2012

On bourre le four!

Le titre « On bourre le four » fait l'objet d'un © 2012 karoussel. Merci Karine pour cette petite perle de titre!

Tout l'monde se fait un gros pâté chinois, de temps en temps.

Ou une bonne lasagne selon la recette de maman.

Ou encore, une grosse batch de sauce à spag.

Non seulement ce sont ce qu'on appelle affectueusement des comfort foods — des repas qui nous rassurent et apaisent après une longue et dure journée —, mais ce sont aussi d'excellents plats à avoir sous la main lorsqu'on n'a pas le temps ou la motivation de se faire à manger.

Mais saviez-vous que la préparation de ces plats est une excellente occasion de sauver quelques dollars?

:: LE PRINCIPE COSTCO (même si je déteste cette chaîne...)

Plus on achète en grande quantité, plus le prix sera bas. Acheter 5 kilos de pommes de terre pour faire 2 ou 3 pâtés chinois vous reviendra moins cher que d'acheter 2 fois 2,5 kilos à deux moments différents.

  • Pommes de terre blanches, sac de 4,54 kg = 4,99 = 0,11 $ / 100 g
  • Pommes de terre blanches, sac de 2,27 kg = 3,49 = 0,16 $ / 100 g
  • Pommes de terre blanches, au poids : 1 kg = 5,49 = 0,55 $ / 100 g
Source : IGA.net

Ce même principe d'économie de volume s'applique aussi bien au marché Jean-Talon que chez le maraîcher du coin; il n'est pas limité aux grandes surfaces.

:: LE PRINCIPE FORD

Le travail à la chaîne est toujours plus efficace que le travail artisanal. Tant qu'à trancher des légumes pour faire une lasagne, aussi bien continuer sur la lancée et en préparer pour trois! Votre planche à découper est déjà sortie, vous avez le couteau en main, la cuisine est déjà dans un état bordélique : let's go!

:: LE PRINCIPE DE CONSERVATION DE L'ÉNERGIE

Votre four coûte cher seulement au cours des premières minutes de son utilisation, c'est-à-dire au moment où il doit augmenter et attendre la température désirée. Une fois rendu à 350 F, votre four ne coûte presque plus rien à rouler. Voyez avec ce sympa calculateur :
  • 350 F pendant 30 minutes = 14,62 $
  • 350 F pendant 10 heures = 15,43 $
Ces chiffres sont approximatifs, mais sont néanmoins assez étonnants. Il en coûte 14 piastres et demie pour chauffer le four, mais seulement 1 dollar pour le laisser fonctionner par la suite. D'où le dicton de cette chère Karine :  Moi, j'bourre le four!

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Tant qu'à prendre le temps de vous faire à manger, profitez-en donc pour en faire double ou triple portion. Vous économiserez sur les ingrédients, vous sauverez du temps en étant plus efficace et vous sauverez en consommation d'énergie. Vous placez 2 lasagnes au four en même temps? Vous v'nez d'vous mettre 15 piastres dans les poches!

Une fois cuites, vos lasagnes, pâtés chinois et autres délices maison peuvent être soit  congelés en entier pour un repas futur, soit portionnés puis congelés — on en sort une portion la veille pour le lunch du lendemain — ou faire l'objet d'une semaine complète thématique (si vous croyez être capables de déjeuner, dîner et souper au pâté chinois pendant une semaine...).

Et qui plus est, en ayant de la bouffe prête sous la main, vous serez moins tentés d'aller au resto, de vous faire livrer d'la bouffe d'acheter des repas préparés.

Je serais curieux de connaître vos trucs et habitudes en ce qui concerne la préparation de bouffe en lot.

Z'en dites?

:: LA P'TITE GRATUITE

Vous n'avez pas de congélo ou n'avez pas envie de vous farcir le même lunch tout au long du mois? Pourquoi ne pas vous trouver un partenaire de cuisine avec qui échanger des plats? Je te donne une pizza maison aujourd'hui; tu me donneras un gâteau quand t'en f'ras un! On varie le menu, on partage le plaisir, on sauve quelques sous.


mardi 26 juin 2012

Manger mieux, sans gruger vos économies

Jeudi dernier; soirée épicerie.

J'avoue que « faire la grocerie », c'est habituellement ma dulcinée qui s'en occupe. Mais la s'maine dernière, ça faisait un bail que je ne l'avais pas fait et c'était mon tour.

Une chose qui m'amuse quand je passe à la caisse de l'épicerie, c'est de comparer mon panier à celui des clients qui attendent près de moi (hé oui, les petits plaisirs de ma vie...). Et ce qui me fascine toujours, c'est de voir à quel point les gens achètent des repas préparés, surgelés et autres ingrédients « à valeur ajoutée » i.e. qui coûtent plus cher parce que c'est quelqu'un d'autre qui l'a fait à notre place.

À la maisonnée Plourde, notre budget épicerie est de 130 dollars par semaine, pour 2 adultes et une fillette d'un an (qui bouffe comme vous ne pourriez pas vous l'imaginer!). Mais à la caisse, je vois des gens qui partent avec un volume similaire de denrées pour le double de ce montant, souvent plus. WTF?

:: UN PEU D'HISTOIRE ET DE SOCIOLOGIE

Après la Deuxième Grande Guerre, l'économie s'est remise à rouler à fond en Amérique. Les femmes avaient intégré le marché du travail pendant l'effort de guerre, les hommes étaient de retour du front, les salaires étaient bons et on voulait profiter de la vie. Le fameux boum des boomers.

Et qui dit profiter de la vie dit manger comme des rois et prendre du bon temps.

Arrive donc sur le marché la bouffe facile : les sauces déjà faites; les pizzas surgelées; les biscuits assortis; les céréales à profusion; les sachets de poudre de tous acabits; les tivi dinners.

On achète, on déballe — parfois on mélange et on brasse —, on chauffe, on mange. On aime.

Et on jette. Beaucoup, beaucoup de déchets, d'emballages, de restants. On gaspille. Parce que c'est ça profiter d'la vie, non? Être riche, c'est gaspiller sans soucis, vrai?

:: LE COÛT DU GOÛT

Avez-vous déjà pris le temps de calculer la différence de coût entre une pizza surgelée et une pizza maison? Du simple au double! Et la pizza maison sera immanquablement garnie plus généreusement et d'ingrédients de meilleure qualité. Et à votre goût!

Acheter surgelé, c'est payer le transport des aliments 2 fois (du champ vers l'usine, puis de l'usine vers le supermarché). C'est payer les gens et les machines qui le fabriquent pour vous. C'est payer la campagne de pub McCain. C'est payer l'emballage. C'est payer pour un produit qui rassasie moins — une demi-pizza maison m'est suffisante pour atteindre la satiété, alors qu'il m'en faut une complète surgelée pour arriver au même résultat.

Au nom de l'économie de temps et du plaisir, on a perdu le goût de se faire de la bouffe. On a perdu le goût des aliments frais. On a perdu la préoccupation de savoir ce que l'on ingère. On a perdu beaucoup. Et on continue, en perdant notre argent.

La réalité des boomers des années 50, ce n'est plus la nôtre. Avons-nous encore les moyens de payer l'industrie pour nous nourrir? Avons-nous encore le droit de gaspiller autant et de compromettre l'environnement?

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

L'alimentation et la nourriture sont une des dépenses les plus importantes dans un budget. En moyenne, 20 pour cent de nos revenus y sont consacrés.

Au cours des prochaines semaines, je vous propose de discuter bouffe. Bonne bouffe. Trucs pour économiser, pour retrouver le goût de la cuisine facile et rapide. Saine et économique. Le plaisir de faire et de manger. Mais aussi, de stratégies pour se gâter de temps en temps. Parce qu'un resto, c'est aussi rigolo!

J'aimerais avoir vos idées de sujets à aborder, vos questions et préoccupations sur la bouffe, ou simplement savoir quelle est votre réalité à vous : combien $$ par semaine? Vous cuisinez, faites livrer ou achetez pré-fait?

Z'en dites?



vendredi 15 juin 2012

Faites plus d'argent plus vite, sans placement aucun!


En début de semaine, nous avons discuté à quel point je considère m'être fait berner en injectant de l'argent dans mon REER. Aujourd'hui, regardons de cossé j'aurais pu bin faire avec cet argent et comment ç'aurait été bénéfique sur mes finances. Nous allons constater — une fois de — plus que I > R et que les institutions financières font beaucoup d'argent avec la doctrine payez un peu vos dettes et placez un peu d'argent de côté.


:: PETIT RÉCAP DE MON AVENTURE REER
  • 150 $ par mois, injecté pendant 6 ans;
  • 1800 $ par année;
  • 1000 $ de profit en 8 ans.

:: SI J'AVAIS UNE DETTE D'ÉTUDE...

... et que je m'étais servi de mon argent « de retraite » pour éliminer cette dette plus rapidement (supposons une dette d'études de 12 000 $ à un taux de 4 % que je m'engage à rembourser sur 10 ans) :

Dette totale
12 000,00 $
Taux
4,00 %
Mensualité
121,49 $
Durée
120 mois
Coût total
14 579,43 $
Intérêts payés
2 579,43 $


Mensualité augmentée (+ 150 $)
271,49 $
Nouvelle durée
48 mois
Coût total
13 003, 42 $
Intérêts payés
1 003,42 $
ÉCONOMIE
1 576,01 $

Bref, j'économise plus de 1500 dollars en intérêt et je claire ma dette en 4 ans au lieu de 10. C'est donc dire qu'à partir du 49e mois, je ne paye plus d'intérêt, mon dossier de crédit s'en porte vachement mieux et j'ai maintenant 271,49 $ de lousse mensuellement dans mon budget, puisque ma dette est payée et que je peux faire ce que bon me semble avec cet argent. Pas mal, non? J'ai déjà fait 500 piastres de plus en clairant ma dette plus rapidement qu'en l'investissant dans un placement REER.


:: SI VISA VOULAIT MA PEAU

Pour calculer le coût de votre dette de crédit, utilisez cette calculatrice du gouvernement du Canada.

Dette totale
3 500,00 $
Taux
9,5 %
Paiement minimum
3 %
Durée
145 mois
Coût total
4 690,41 $
Intérêts payés
1 190,41 $


Mensualité augmentée
3 % + 150 $ par mois
Nouvelle durée
19 mois
Intérêts payés
254,06 $
ÉCONOMIE
936,35 $

OK... Au lieu de prendre 12 ans pour remettre ma carte de crédit à zéro, j'le fais en un an et demi et j'économise près de mille piastres. Est-ce à dire que j'arrive kif-kif avec mon REER qui m'a rapporté mille balles en 8 ans? Pantoute! Puisqu'un an et demi après m'être attaqué à ma dette, j'me retrouve grosso modo avec 250 dollars de lousse par mois (3 % + 150 $) dans mon budget. Selon moi, c'est encore mieux que la dette d'étude!


:: SI J'AVAIS UN CHAR (ÇA CHANGERAIT MA VIE?)

J'ai pris l'exemple d'une Honda Civid Hybride (question d'être écolo sur les bords...)

Dette totale
24 990,00 $
Taux
4,99 %
Mensualité
471,48 $
Durée
60 mois
Coût total
28 288,61
Intérêts payés
3 298,61 $


Mensualité augmentée
638,50 $
Nouveau taux
3,99 %
Nouvelle durée
42 mois
Intérêts payés
1 827,00 $
ÉCONOMIE
1 471,61 $

Dans ce cas-ci, ce qui est amusant, c'est qu'en ajoutant 170 piastres par mois sur la mensualité, on raccourcit la période de paiement d'un an et demi et on réduit le taux d'un pour cent. Et on économise 1471,61 $ en intérêt. Nice!


:: SI JE VOULAIS DÉ-HYPOTHÉQUER MON AVENIR

Voici un chiffrier gratuit pour vous amuser avec votre réalité hypothécaire. Mais supposons qu'il me reste 150 mille piastres sur ma maison à payer et qu'on calcule sur 72 mois (la période pendant laquelle j'ai contribué à mon REER à hauteur de 150 $ par mois) :

Hypothèque résiduelle
150 000 $
Taux
3 %
Mensualités
711,32 $
Durée
72 mois
Capital payé
26 495,09 $
Intérêts payés
24 719,95 $


Mensualité augmentée
861,32 $
Capital payé
38 311,98 $
Intérêts payés
23 703,06 $

J'aurai économisé 1016,89 $ en intérêt sur 6 ans. Encore une fois, pas mal! Et supérieur à ce que mon REER m'a offert en 8 ans! Mais surtout, ce qui est intéressant de souligner ici, c'est que mon capital a dramatiquement baissé! Et si je continuais ainsi à ajouter 150 $ par mois à mon paiement hypothécaire, je finirais de payer ma maison 6 ans plus tôt et sauverais 16 216,58 $ en intérêts!


:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Chacun de ces quatre scénarios m'aurait permis d'économiser entre mille et quinze cents piastres, soit l'équivalent — ou plus — que ce que mon REER m'a rapporté. Cependant, les quatre scénarios me permettent cette économie sur une période plus courte que les 8 ans qu'a pris mon REER à fructifier. 

Payer toute dette le plus rapidement possible sera toujours une excellente stratégie financière. En fait, ce sera toujours celle que je favoriserai, jusqu'à ce que quelqu'un puisse me prouver le contraire, chiffres à l'appui. Consacrez-y une très grande partie — voire la totalité — de vos efforts financiers. Vous augmenterez ainsi votre pouvoir d'achat en moins de temps qu'il en faut pour placer et faire fructifier vos bidous.

Mais deux choses primordiales sont à ret'nir :
  1. Avant de faire quelque move que ce soit, réfléchissez et calculez. Nos situations sont toutes uniques et différentes et vous êtes les seuls avec le pouvoir de prendre la meilleure décision;
  2. Une fois vos dettes éliminées, il ne s'agit pas de dépenser comme s'il n'y avait plus de lendemain, mais bien d'adopter une stratégie qui continue à vous mener vers une plus grande liberté et autonomie financière.
Z'en dites?


mardi 12 juin 2012

Ce qui se cache derREER...

De plus en plus de gens me demandent pourquoi je ne crois plus aux REER. Quoi de plus bavard et éloquent qu'un bel exemple — bien concret, bien réel — tiré de ma propre expérience.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, j'ai bel et bien un REER. Eh oui, je l'avoue : j'y ai déjà cru moi aussi, à ce stratagème machiavélique. Entre novembre 2004 et juillet 2010, j'y contribuais à raison de (plus ou moins) 150 $ par mois.

Environ 1800 $ par an.

En 69 mois, j'y ai injecté 10 500 $. Du moins, c'est ce que me dit mon dernier relevé de placement.

Depuis juillet 2010, je n'y contribue plus, mais n'ôse l'encaisser. Vous comprendrez pourquoi plus loin...

Aux dernières nouvelles, ce « placement » valait 11 584,66 $ (à titre comparatif, il s'élevait à 11 765,19 $ au 31 décembre 2010; en un an, j'ai donc perdu 180 piastres...). Mais si on considère que j'y ai initialement investi 10 500 dollars, on peut prétendre que j'ai gagné mille balles.

On peut.

Mais pas moi.

:: LE PITCH DE VENTE

L'objectif du REER (plutôt : ce que mettent de l'avant les institutions pour nous faire gober ce concept) : différer un paiement d'impôt. Eux disent sauver de l'impôt, mais je refuse cette formulation. Dac? On ne sauve rien : on fait comme chez Léon; profitez maintenant et payez plus tard.

Dedans ma vie personnelle à moi, en 2004 et 2005 (alors travailleur autonome), j'étais imposé à un taux approximatif de 20 %. Je « sauvais » donc plus ou moins 20 % de 1800 $ par année, soit 360 piastres en impôts. Bof... Et j'insiste sur le sauvais entre guillemets, car n'oublions jamais que le REER n'est pas une économie d'impôts : ce n'est qu'un paiement différé!

Pour 2006 et 2007, tous mes efforts économiques étaient consacrés à une entreprise co-fondée avec 2 associés. Revenus minimaux, donc taux d'imposition approximatif de 13 %; « économies » de 234 $ par année... Bof-Bof...

Entre 2008 et 2010 — ma période d'employé temporaire (salarié, mais non permanent) — taux d'imposition approximatif de 21 %. « Économies » de 378 $ par année. Bin coudonc... Moins bof, mais bof pareil!

Aujourd'hui, j'aurais bien le goût de prendre cet argent et d'en faire quelque chose de plus constructif, rentable et intéressant à mes yeux :
  • Investir en immobilier
  • Démarrer une PME
  • Partir 6 mois explorer l'Amérique du Nord
V'voyez l'genre?

Mais si je l'encaisse dès maintenant, mon taux d'imposition (salaire + REER + autres revenus) jouerait dans les 28 %. Ouch!

:: RÉCAPITULATIF
  • Rendement du placement sur près de 8 ans : 1000 $, soit l'équivalent de 1,25 % par année, calculé mensuellement (et vive les intérêts décomposés!);
  • Paiements différés en impôt : 1944 $ (certains diront économies, moi j'insiste pour dire : paiement différé, car je dois encore cet argent au fisc);
Or si j'encaisse le REER aujourd'hui pour en profiter autrement (et maintenant), je devrai payer 3176,25 $ en impôts.

Elle est où, l'économie? Aux yeux de la grande majorité, j'ai « fait » 1000 + 1944 piastres. À mes yeux, j'en ai perdu 230.

J'ai sauvé du 20, puis du 13, puis du 21 pour cent d'impôt, pour en payer plus maintenant? Et à ma retraite, je ne pense pas en payer moins non plus!

Et comme le démontre cet article, non seulement ai-je fait très peu de ca$h, mais mon pouvoir d'achat a aussi diminué, car mon « rendement » de 1,25 % ne comble même pas l'augmentation du coût de la vie! J'ai perdu un autre pour cent! Ciboire!

En d'autres termes, ce qui coûtait 10 500 $ en 2004 coûte aujourd'hui 12 500 $. Et moi, je n'en ai que 11 500 $. Y me manque mil piastres! Diantre! Personne ne peut contester que mon pouvoir d'achat a réellement diminué!

Oui mais Champion, le REER c'est fait pour être encaissé à ta retraite, alors que t'auras peu ou pas de revenus!

Je ne sais pas pour vous, mais je ne considère pas que j'ai un train de vie exceptionnel. Confortable, oui, mais pas surréaliste. Et je n'ai pas l'intention de diminuer mes déplacements et de ne pas avoir de bagnole et de manger moins et de chauffer moins ma maison et de voyager moins (difficile, car je voyage déjà très peu) et de moins porter de linge à la retraite que j'le fais présentement. Alors, si je prévois maintenir le même niveau de vie, je vais devoir avoir des revenus similaires à ma retraite que ce que j'ai présentement, vrai? Et c'est aussi ce que les outils de prévision de retraite (un autre ici) me confirment. Alors, je vais payer autant d'impôts ou presque, soit du 21 pour cent, plus ou moins. Simple de même. Et de toute façon, que je contribue encore à mon REER ou pas, il ne m'a donné que du 1,25 % de rendement annuel sur 8 ans, soit la moitié de l'augmentation du coût de la vie! Hey! BOF! BOF! BOF!


:: DANS L'FONDS DU BARIL

Certains diront que j'ai un placement merdique qui m'offre un rendement pas très compétitif. Peut-être. Mais je ne suis pas le seul à participer à ce fonds, vrai? Donc, nous sommes plusieurs milliers dans la même situation, vrai? Et si mon fonds est ainsi, j'imagine que d'autres fonds le sont aussi; certains supérieurs, d'autres encore moins performants... Et vous, votre fonds, il performe? Vous le savez? Je ne parle pas du taux de rendement, mais en dollars sonnants, il vous en donne pour la peine? Plus que l'inflation et l'augmentation du coût de la vie?

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Je le martellerai jusqu'à ma mort : payez d'abord toutes vos dettes, puis pensez à économiser. L'augmentation de votre pouvoir d'achat passe d'abord et avant tout par la disparition de vos paiements mensuels. Le choix est clair : finir de payer, ou payer à l'infini? Une fois que vous n'aurez plus d'hypothèque à clairer, de carte de crédit à rembourser, de voiture à payer, de prêt étudiant à effacer, vous aurez du lousse dans votre budget comme vous n'en croirez pas! Et là, vous aurez gaspillé le minimum de vos revenus en paiement d'intérêt.


Parce que l'intérêt payé est à la finance personnelle, ce que la calorie vide est à la nutrition.


Et pour ce qui est de calculer le rendement d'un fonds, de grâce, ne vous limitez pas au taux (souvenez-vous de notre discussion sur les serpents et échelles...). Prenez le temps de le calculer réellement. Parce que mon fonds, il y a quelques années, a aussi donné du 16 %!

Z'en dites?

:: PETITE NOTE POUR LES PESSIMISTES

Ne vous inquiétez guère et surtout, ne désespérez pas; bientôt, nous explorerons quelles sont les autres options qui s'offrent à nous pour préparer une retraite amusante et confortable.

Nous regarderons aussi ce que nous aurions pu faire d'autre avec ce 150 $ par mois et l'impact que cela aurait eu sur nos autres dettes.

:: LECTURE ADITIONNELLE

Sur les frais de gestion des REER. Enjoy!


vendredi 8 juin 2012

Vous êtes votre seul, unique et meilleur guru


Depuis que La p'tite caisse fait son petit bonhomme de chemin, plusieurs personnes m'écrivent (via le site, sur ma page Facebook ou par courriel) et viennent me voir (principalement les collègues et amis, vous comprendrez) pour me poser mille et une question et d'mander conseil.
  • Que penser de ING versus les autres banques?
  • Devrais-je arrêter de cotiser à mon REER?
  • Est-ce mieux une carte de crédit ou une carte prépayée?
  • J'ai un placement qui à fortement perdu de la valeur : devrais-je l'encaisser et assumer les pertes?
  • Est-ce que je devrais signer mon hypothèque sur 2, 3 ou 5 ans?
  • Taux fixe ou variable?
  • Rouge ou noir?
  • Traditionnelle ou crémeuse?
Chaque fois, il me fait plaisir de prendre le temps de discuter avec eux. Mais je m'efforce d'une chose : essayer de poser plus de questions que d'offrir de réponses.

Chaque personne est unique. Chaque situation est particulière. La « bonne décision » à mes yeux n'est probablement — voire certainement — pas la même aux vôtres. Je suis peut-être plus conservateur que vous. Je suis peut-être plus à cheval sur certains principes. J'ai peut-être plus de temps à consacrer à mes finances que vous. Vos placements sont peut-être plus rentables que les miens.

Quand ces gens viennent me voir, je fais avec eux comme je fais dans chacun des articles de ce blogue : j'expose mon expérience, mes impressions, mes calculs. Tout ça dans l'optique non pas d'offrir une réponse, mais de stimuler une réflexion.

Je ne suis pas vous. Le Gouvernement n'est pas vous. La Banque n'est pas vous. Votre conseiller financier n'est pas vous. Votre employeur n'est pas vous. Vos enfants ne sont pas vous. Vous êtes vous!

Votre Guru, c'est vous.


Merci à Karine Roussel pour l'illustration de moi en mon propre guru!


Dans le Manifeste La p'tite caisse, il est dit : Nul besoin de devenir des as de la finance, des comptables aguerris ou de fins fiscalistes. Nous possédons tous les capacités et la logique nécessaires à l'atteinte de notre but.

Quotidiennement, nous sommes exposés à une pléthore d'informations de sources variées (parfois avariées...). Régulièrement, nous sommes soumis aux pressions sociales d'économiser, de penser à la retraite, d'être de bons citoyens corporatifs et de se soumettre aux règles du jeu en place.

Mais ne trouvez-vous pas étrange que les règles soient les mêmes pour tous, alors que nous sommes tous différents et uniques?
  • Quelles sont vos aspirations profondes?
  • Quels sont vos plans d'avenir?
  • Vos aptitudes, intérêts et compétences?
  • À quelle âge pensez-vous vous retirer du marché du travail? Au fait, envisagez-vous un jour prendre votre retraite? (un article à ce sujet s'en vient, je vous le promets!)
:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Exposez-vous à toute l'information dont vous avez besoin pour prendre votre situation en main. Faites preuve de discernement et d'esprit critique face aux sources, aux gens et à la quantité d'infos qui vous sont pelletées. Prenez le temps de regarder votre situation dans sa globalité (pas juste le taux, mais le coût ou rendement réel; pas seulement la mensualité, mais le paiement complet; etc.). Allez chercher les conseils dont vous avez besoin pour être confiants dans votre démarche. Mais surtout, admettez que vous avez l'intelligence et le pouvoir de prendre vos propres décisions! On parle ici de finance personnelle, mais cette confiance s'applique aussi à l'ensemble de votre vie. Couple. Travail. Style de vie. Name it!

Vous n'avez ni la patience, ni l'intérêt pour vous pencher sur ces questions? Soit. Et tous doivent respecter votre choix. Mais en contrepartie, acceptez que d'autres prennent des décisions à votre place.

Entretemps, poussons notre réflexion et nos échanges sur nos expériences et nos problématiques. Vos commentaires, questions et remises en question sont ce qui me stimule à continuer le mouvement La p'tite caisse. Et quand quelqu'un annonce qu'il se sent maître de sa situation et qu'il est fier et confiant de faire tel ou tel move, je suis heureux.

:: LA PENSÉE GRATUITE (parce qu'elle ne coûte rien, pas parce qu'elle ne vaut rien...)

Je l'ai lue ce matin sur LifeHacker. Je vous la transmets dans la langue originale de son auteur, Muhammad Ali (traduction dispo sur demande) :

"Impossible is just a big word thrown around by small men who find it easier to live in the world they've been given than to explore the power they have to change it. Impossible is not a fact. It's an opinion. Impossible is not a declaration. It's a dare. Impossible is potential. Impossible is temporary. Impossible is nothing."

Z'en dites?


mardi 15 mai 2012

Une lecture que l'on devrait reprendre chaque premier du mois

Peu importe que vous soyez — ou non — d'accord avec chacun des 34 points, je vous suggère de relire cet article périodiquement afin de vous redonner le p'tit coup de fouet nécessaire pour atteindre vos objectifs persos, familiaux et économicos.

34 Things I’ve Learned About Life and Adventure

Z'en dites?


vendredi 11 mai 2012

Pour ne plus nager dans les dettes


J'avoue. La possibilité d'avoir sa propre piscine creusée pour la modique somme de cent piastres par mois; y'a de quoi faire rêver plusieurs d'entre nous.

Mais pour la Banque Nationale et Desjardins, la perspective d'empocher 10 000 bidous en intérêts, c'est encore plus alléchant!


C'est ce que dénonce cet article sur le site de Protégez-vous. Encore une fois, l'offre mensuelle semble alléchante, mais un rapide calcul nous démontre à quel point ce rêve de piscine peut (littéralement) devenir un énorme trou!

Sauter sur le tremplin Trévi, c'est accepter de payer le tiers plus cher pour votre oasis estival. Le tiers. 33 % plus cher. Vlan! Sans crier gare.

Qui plus est, le taux qu'on vous offre aujourd'hui est variable; vous signez donc un chèque en blanc aux institutions financières. Dans 3 ans, vous n'avez aucune certitude de cossé les marchés auront bin l'air et de combien qu'on vous chargera en intérêt (pis une piscine, c'est pas comme si on pouvait la vendre sur Lespac pour renflouer les coffres!). Ce 100 piastres par mois, qui vous semble si abordable aujourd'hui, pourrait rapidement devenir un fardeau énorme qui diminuera votre pouvoir d'achat sur une dizaine d'années ou plus.

« Oui, mais, j'aimerais ça moi, avoir une piscine! »

Je vous comprends. Et vous propose une alternative (non : pas celle d'aller à la piscine municipale pour les 20 prochaines années...).

Avancé par Tim Ferris, auteur du livre « The 4 Hour Work Week », le concept de miniretraites me plaît bien (et j'y reviendrai dans un article futur). En gros, Ferris propose qu'au lieu de nous démener à accumuler du cash jusqu'à 65 ans pour ensuite en profiter (peut-être, selon notre état de santé et notre situation à ce moment-là), nous devrions plutôt profiter de nos économies de façon ponctuelle et planifiée. Je simplifie son raisonnement, mais pour l'instant, ça nous suffira.

Vous avez de l'argent dans un REER en ce moment (ou dans tout autre placement)? Pourquoi ne pas vous offrir une miniretraite, i.e. vous offrir cette piscine creusée? Et, comme nous le proposions précédemment, prendre les 100 $ par mois pour rebâtir vos économies.

Ce qui m'amène à réitérer ma hantise des REER : vous avez présentement de l'argent de côté dans un REER. Bravo. Vous l'avez mis là pour économiser de l'impôt à un taux X. Vous désirez maintenant profiter de cet argent, aujourd'hui même? C'est votre droit et je vous comprends! Mais en le retirant, vous allez sans l'ombre d'un doute payer un taux d'imposition supérieur à X. C'est plate, hein?

Et c'est le principe des institutions financières : d'un côté, vous faire croire que vous ne devez pas toucher à votre propre argent, et de l'autre, vous reprêter de l'argent pour que vous réalisiez vos projets et rêves. I > R.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Que ce soit l'achat d'une piscine, d'une voiture, d'un divan ou d'une télévision, se limiter à r'garder la mensualité offerte par le commerçant est dangereux : on perd de vue la somme que nous flamberons en intérêts. Chacun de nos achats mérite un petit temps d'arrêt, un rapide calcul, pour s'assurer d'emprunter le chemin qui a le moins d'impact sur notre pouvoir d'achat. Mais surtout, il ne faut pas avoir peur d'envisager des scénarios hors-normes, des scénarios qu'on connaît moins, puisqu'ils sont moins rentables pour les Monstres économiques.

Z'en dites?


mardi 8 mai 2012

Dans' vie, tout se négocie! (et le service a un prix)


:: PRÉAMBULE

Quand j'évalue le prix d'un bien ou d'un service, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Certes, la série de chiffres à gauche du symbole $ est l'une des choses que j'évalue. Pas plus con qu'un autre, j'me dit que plus ce nombre est petit, mieux j'm'en tire.

Mais d'autres facteurs — que certains qualifierons de philosophiques ou qualitatifs — viennent également teinter ma décision finale. J'irais même jusqu'à dire que ces facteurs vont souvent l'emporter sur le simple price tag.

Merci à karoussel pour l'illustration


Acheter d'un commerçant local revêt de l'importance à mes yeux, et encourager l'économie de mon quartier a une certaine valeur monétaire; je suis prêt à payer un peu plus cher pour encourager le quincailler du coin, pour qu'il demeure en affaires, contribue à l'essor de ma ville — ce qui contribue à maintenir la valeur de ma maison — et simplement pour qu'il soit là, près de chez-moi, pour me dépanner le samedi après-midi quand j'ai besoin de deux boulons (l'alternative étant de partir en expédition pour aller virer au Smart Center, perdre un temps fou sur la route, dans le stationnement et à courir après le gars de l'allée 28 pour trouver la maudite bolt dont j'ai besoin).

Idem pour une entreprise socialement responsable, qui contribue à améliorer ma qualité de vie et minimise le fardeau social (McDo fait rouler le système de santé à plein régime, alors que Subway a le mérite d'offrir un produit moins néfaste. La sandwicherie du coin, c'est encore mieux!)

Mais ce que j'encourage fortement, c'est la qualité du service qu'on m'offre. Faire changer 4 pneus chez Canadian Tire coûte probablement moins cher que chez le garagiste, mais pour le jeunot qui s'acharne sur ma bagnole (et que je ne rencontre même pas en personne), je ne suis que le client 2457113. Mon garagiste du coin, lui, me connaît par mon nom, sait que je suis un bon et fidèle client et saura me conseiller judicieusement sur les réparations urgentes, les entretiens à venir et ceux qui peuvent attendre ou simplement être ignorés.

:: LE NERF DE LA GUERRE

Je fais affaire avec le même courtier en assurances depuis plus de 10 ans. Avec la même compagnie, la même conseillère. Et même si je ne lui parle qu'une ou deux fois par année, Madame Goyette me connaît et sais me conseiller. Et les rares fois où j'ai eu à faire des réclamations, elle m'a toujours aiguillé et aidé dans mes démarches, ce qui rend le processus christement moins douloureux.

Chez-nous, le mois de mai, c'est le mois des renouvellements d'assurances : auto et habitation. Je les ai justement reçus la semaine dernière. Un peu — lire vachement — surpris des nouvelles primes, j'écris à Madame Goyette pour lui demander pourquoi les assurances auto augmentent de 15 $ par mois (15 % de plus) et pourquoi les assurances de la maison grimpent de 25 $ par mois (37 %).

Elle me répond gentiment que les assurances auto, c'est la nouvelle prime de ma compagnie actuelle (L'Unique) et que pour la maison, il s'agit d'une conséquence de l'achat de Axa (mes anciens assureurs) par Intact. Axa était reconnu pour leurs primes agressives dans certains produits, mais Intact m'offre la même couverture selon leur grille tarifaire. Elle a fait le tour de ses fournisseurs et que c'est le prix le plus bas qu'elle peut m'offrir.

Bon... Magasinons!

J'appelle Desjardins.

Après un questionnaire d'une 15aine de minutes, on m'offre la maison pour 71 piastres par mois, pis les autos pour 100. La conseillère — à qui j'ai honnêtement avoué que je magasinais pour comparer — essaie mordicus de me faire mordre à son hameçon sur le champ. « Je vais quand même offrir la chance à ma courtière actuelle de présenter une contre-offre », je lui explique. « Elle m'a toujours offert un excellent service et je suis certain qu'elle pourra être compétitive ». La conseillère Desjardins s'empresse de me dire : « elle n'y pourra rien Monsieur. Je suis au courant de la transaction Axa/Intact et elle a les mains liées. »

Écoute... Pas plus fou qu'un autre, j'me dit que ça ne me coûte rien d'essayer. D'un coup que...

Re-courriel à Madame Goyette pour lui faire part de l'offre de la concurrence et lui demander si, avec cette offre en main, elle ne peut pas contacter les assureurs et leur demander de faire un effort. Je n'exige même pas de battre l'offre de Desjardins; juste de sentir qu'on fait un effort pour satisfaire un client de longue date. Je lui donne la soumission Desjardins. En fait, je sais que je lui donne des munitions pour aller au front en mon nom.

Réponse le lendemain. Voitures à 105 $ par mois, maison à 79.

Bien que cette offre soit supérieure à celle de Desjardins, je l'accepte avec un large sourire. Pourquoi? Parce que j'encourage un courtier indépendant. Mais surtout, parce que le service impeccable de Madame Goyette au cours des dix dernières années, ça vaut quelque chose. Dans ce cas-ci, un maigre 150 $ par année. Je dors l'esprit tranquille parce que je sais que si une couille survient, Madame Goyette s'en occupera personnellement (de mon dossier, et non de la couille...), comme elle l'a toujours fait. Alors que chez Desjardins, la conseillère qui vend n'est pas celle qui renouvelle n'est pas celle qui traite les réclamations n'est pas celle qui... V'voyez l'topo?

:: DANS LES FONDS D'LA CAISSE (au pluriel, parce qu'il y a deux morales à cette belle histoire)

Primo : tout se négocie dans la vie. Ne vous sentez jamais trop petits, trop insignifiants face aux Grandes Financières et autres monstres économiques. Les assurances se négocient. Les taux hypothécaires se négocient. Le prix d'une voiture — et les options qu'on vous offre gracieusement — se négocient. Le taux de votre carte de crédit se négocie. Une entreprise qui ignore et néglige les « petits » comme vous est une entreprise qui ne mérite pas votre confiance.

Secundo (e più importante) : nous avions déjà abordé le sujet sous un autre angle, mais il est primordial de consommer intelligemment. L'étiquette la plus abordable est sans l'ombre d'un doute la plus rentable à (très) court terme, mais retirez vos oeillères et préconisez une approche holistique. Les quelques dollars que vous sauvez aujourd'hui pourraient vous coûter très cher à moyen et long terme. On oublie souvent que le service que nous offre un commerçant, ça se traduit aussi en dollars. À vous de déterminer combien ça vaut pour vous.

Un courtier d'assurances qui facilite vos démarches en cas de sinistre; un quincailler au coin de la rue*; un pain fait à la main par un boulanger qui égaie votre ville ou votre village; un pneu plus dispendieux, mais plus durable et installé par un garagiste qui en profite pour vérifier gratuitement vos freins et vous aviser des entretiens nécessaire à venir (pas vous vendre une réparation bidon) : ce sont tous des choix qui me coûtent plus cher aujourd'hui, mais me permettent de prévoir les dépenses à venir, de faciliter ma vie et maintenir ce que j'appelle mon patrimoine économique. Et ça, ça n'a pas de prix.

Z'en dites?

* Faut absolument que j'vous parle de mon quincailler à Saint-Hippolyte, un tout petit Rona plein à craquer. Chaque fois que j'y vais, je suis personnellement accueilli et chaque client est accompagné par un des 4 ou 5 préposés présents, qui s'assure que vous trouviez chaque item sur votre liste. Sincèrement, ça fait chaud au coeur en cette époque où on nous a habitué à des préposés aux tabliers verts ou oranges, responsables de leurs 3 rangées et pas plus. Et honnêtement, avec un service de la sorte, m'en fous pas mal de payer ma bolt dix cennes de plus...


mardi 1 mai 2012

Retour sur investissement


Désolé pour le calembour, je ne pouvais m'en empêcher (retour sur vos commentaires... sur investissement... La pognez-vous?)

*****

Il y a quelques mois, j'ai officiellement lancé La p'tite caisse (je dis officiellement parce que je préparais déjà des billets et articles depuis quelque temps et en publiais, sans trop de tapage publicitaire...).

Mercredi dernier, nous avons franchi la barre des 3000 visites sur le site; chaque article génère une centaine de consultations. Et La p'tite caisse, elle est contente de ce résultat!

Tout d'abord, j'aimerais vous remercier profondément pour tous les bons mots d'encouragement. Sincèrement, je ne m'attendais pas à tant de positivisme et un accueil aussi chaleureux. J'écris principalement pour le plaisir de manier la plume (... le clavier...). Que quelques initiés me lisent, c'aurait déjà été un accomplissement. Mais voilà, votre nombre, votre enthousiasme, votre implication, votre participation et votre intérêt à partager La p'tite caisse avec votre entourage me motivent à aller encore plus loin dans ma démarche. Sans vos nombreux référencements — Facebook et autres — nous n'aurions jamais atteint cette portée. Merci, bravo à vous tous et s'il vous plaît, si vous croyez au propos de La p'tite caisse, continuez de partager!

J'aimerais faire un petit recap des trois principaux commentaires qui m'ont été formulés jusqu'à présent. Je m'attarderai aux commentaires constructifs plutôt qu'aux éloges : je crois fondamentalement que l'échange d'idées et les débats sont ce qui font avancer les choses. La complaisance, c'est pas trop constructif. Et le pas constructif, j'aime pas.

:: L'ASPECT SOCIAL

Plusieurs ont salué la noblesse de l'effort individuel que je prône (le pouvoir de l'individu), mais ont souligné que — selon eux — le problème des finances personnelles est fondamentalement un enjeu social; sans changements de la part des gouvernements, de la loi sur les banques et du crédit, d'un rééquilibre entre les 10 % de riches qui contrôlent 90 % du capital (et 90 % de moins nantis?), certains lecteurs craignent que le statu quo soit inévitable.

J'en parlerai plus longuement dans un prochain billet, mais si nous ne changeons pas d'abord nos propres habitudes personnelles et familiales, le besoin de changement social ne se manifestera jamais. Agir localement pour influencer globalement; voilà mon leitmotiv. Si nous attendons sagement que le sommet de la pyramide prenne des décisions pour améliorer notre sort, nous devrons faire preuve d'une patience exemplaire, voire éternelle... Et nous avons le devoir d'agir, plutôt que de simplement dénoncer et manifester; qui se souvient du mouvement Occupy, plein d'espoirs fondés et justifiés, mais quasi mort au feuilleton?

Au contraire, si la majorité propose et adopte de nouvelles façons de faire, le sommet de la pyramide n'aura d'autre choix que d'entériner ces méthodes. Si on ne fait que dénoncer, on se retrouve malheureusement à la merci des médias et de leur ordre du jour.

Les industriels et financiers de ce monde font de la buisness pour faire des sous. Les politiciens font campagne pour être élus. Si nous tous, en tant que vaste majorité, changeons les règles du jeu, ils n'auront d'autre choix que de nous suivre. Le secret est de comprendre le système et de le maîtriser afin de jouer la game selon de nouvelles règles : les nôtres.

Deux lectures que je vous propose à ce sujet (en Anglais, désolé...) : le livre The Art of Non-Conformity de Chris Guillebeau et un article du New-Yorker, When Underdogs Break the Rules.

:: L'ASPECT ÉCONOMIQUE

Plusieurs ont aussi exprimé le sentiment que leur situation personnelle ou familiale les empêche de participer au débat et d'adopter les trucs proposés. Je leur concède un point : j'essaie de ratisser assez large avec les sujets abordés et suis conscient que ce ne sont pas tous les articles et trucs qui s'appliquent à chacun d'entre nous. Ce point fera aussi l'objet d'un billet à venir, mais retenez ceci : pigez parmi les trucs et conseils, adoptez ceux avec lesquels vous vous sentez à l'aise et appliquez-les selon votre bon vouloir.

Cependant — et j'en ai la certitude pour l'avoir vécu moi-même au cours des différentes étapes de ma vie personnelle et professionnelle — il n'y a aucun contexte qui vous empêche de prendre votre situation économique en main.  Étudiant? Entrepreneur? Salarié? Chômeur? Sans empoi? Monoparental? Célibataire? En couple? Locataire? Proprio? Chacune de ces situations a ses limitations et ses particularités. Mais surtout, ses possibilités!

La capacité de modifier votre situation actuelle, d'accroître votre pouvoir d'achat et d'améliorer votre sort économique ne dépend pas de votre état présent, mais bien de votre volonté à vous y attaquer, de votre niveau de connaissance et de conscience. Vos actions et vos choix sont les véritables vecteurs. 

La p'tite caisse, c'est justement ça : une tribune qui veut informer, éduquer et conscientiser, qui veut éveiller l'esprit critique et la réflexion. Le reste de chemin — les choix et l'engagement — ne dépend que de vous, peu importe votre passé et votre présent. Vous êtes toujours maîtres de votre cheminement, dès la seconde qui suit.

:: L'ASPECT ESTHÉTIQUE

Eh oui... Je sais... Le template de base Blogger n'est probablement pas la plus belle création artistique que le web ait vu. Un jour, quand j'en aurai le temps et les moyens, probablement que La p'tite caisse deviendra une oeuvre incroyable; un bonbon pour les yeux, pour l'âme et le cervelet. Mais pour l'instant, ça me convient. Les idées d'abord, l'emballage ensuite. Comme je l'ai dit à moultes reprises à certains de mes collègues : À quoi ça sert d'avoir la plus belle étiquette au monde si la soupe dans la canne goûte pas bon? Pour l'instant, on travaille la recette. Une fois que les gens aimeront la soupe, on f'ra une belle étiquette. Entretemps, j'essaierai d'ajouter de belles illustrations de temps en temps (d'ailleurs, un gros merci à karoussel pour ses contributions au blogue).

:: À VOUS LA CAISSE

Je lance l'invitation à chacun d'entre-vous : si pour quelque raison que ce soit, vous entretenez une infime croyance que vous êtes dans une situation où vous ne pouvez strictement rien faire pour améliorer votre situation, manifestez vous! Je suis certain qu'ensemble, on trouvera bien un ou deux trucs applicables à votre réalité. Mais surtout, on vous aidera à retrouver la motivation et la conviction que c'est toujours possible — voire réaliste — d'augmenter votre pouvoir d'achat.

Z'en dites?


jeudi 29 mars 2012

Organisez votre propre liquidation du printemps


(J'aimerais commencer en offrant un énorme merci à karoussel pour l'illustration. Le monsieur, yé content!)

Le temps est une ressource limitée. Malgré nos rêves et nos souhaits les plus fous, on n'aura malheureusement jamais le temps — ni les moyens $$$ — d'accomplir tout ce que l'on souhaite dans la vie. En commençant par nos activités et passe-temps.



Il y a un peu plus d'un an, j'écrivais cet article. J'y proposais de faire l'inventaire de ce que l'on aime réellement dans la vie et, en parallèle, de ce que l'on possède. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, souvent, les deux ne sont pas complémentaires. Ils peuvent même se nuire mutuellement.

Ce que j'aime réellement :
  • Marcher dans l'bois, été comme l'hiver;
  • Faire du camping;
  • Me balader en moto;
  • Gosser autour de la maison, pour réparer, améliorer et construire;
  • Lire et — évidemment — écrire.
Voilà. Au cours des prochaines années, je ne crois pas avoir le temps — ni le désir sincère — de faire autre chose que ce que contient la courte liste ci-haut.

Alors, pourquoi ai-je autant de babioles qui peuplent mon espace physique? Pourquoi ai-je plein d'autres projets — relativement moins importants ou émotivement moins prenants — qui détournent mon esprit? Pourquoi consacrer des sommes plus ou moins importantes à autre chose que ces activités qui me sont chères?

Je ne cesse de le dire à propos de notre vie financière, personnelle et professionnelle : il faut constamment faire des choix. Conscients. Éclairés. Et un choix entraîne inévitablement un sacrifice. Mais ces sacrifices sont essentiels à l'atteinte de nos objectifs. Car en ne faisant aucun sacrifice, en fait, on sacrifie tout!

Pourquoi garder tous mes instruments de musique? Il y a 5 ans, je jouais régulièrement avec des amis et montais même sur scène à l'occasion. J'en tirais un réel plaisir, une grande satisfaction et c'était une de mes priorités à l'époque. Mais ce temps a passé et les choses ont changé.

Maintenant, mes instruments ne font qu'occuper de l'espace dans mon bureau, espace qui serait plus utile pour ranger des livres ou me sentir moins à l'étroit quand j'écris.

Mes instruments occupent aussi un espace dans ma tête; de temps en temps, une certaine culpabilité s'empare de moi et je perds une soirée à piocher sur ma basse, question de justifier sa présence dans ma vie. Et pendant ce temps, je néglige lectures, marches en forêt, fabrication d'une tablette... Je me néglige.

Mais surtout, mes instruments occupent un espace financier (je dois les entretenir un peu, quand même). Et c'est de l'argent qui dort. Oui, j'assumerais une certaine perte en vendant mes guitares achetées (pour la plupart) neuves. Mais la contrepartie, c'est d'les voir là, attirer la poussière et me priver de temps — que je préfère maintenant consacrer à d'autres activités — et d'argent, que je devrais consacrer à d'autres activités.

*****

La semaine dernière, Dame Nature nous a joué un tour et nous a fait croire que l'beau temps était ici pour de bon. Cette semaine, elle nous replonge dans le froid. Nonobstant, c'est le moment idéal de l'année pour faire un p'tit ménage du printemps. Commencez par dresser deux listes :
  • La première, Ce que j'aime réellement;
  • La deuxième, Ce que je possède.
Maintenant, tout ce qui se trouve sur la deuxième liste et ne contribue pas à vous épanouir selon la première : c'est out!

Liquidez. Vendez. LesPac, Kijiji, vente de garage...

Donnez. Aux amis, à la famille, aux pauvres, au bord du chemin, à l'écocentre/centre de réemploi...

Libérez. De l'espace mental et physique. Du temps. Du lousse dans vos poches!

Et interdit de rationaliser ainsi : « Oui mais, probablement qu'un jour, je reprendrai telle ou telle activité... ». Quand ce jour viendra, c'est que d'autres activités auront été écartées et vous reprendrez alors le cycle du ménage du printemps.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Faire le point et se fixer des objectifs réalistes et concrets est, selon moi, la base même d'une santé financière personnelle et de l'augmentation de notre pouvoir d'achat. En poursuivant 1001 passions, on dépense temps et argent, sans jamais en tirer une véritable satisfaction.

  • Vous voulez faire le tour du monde? À quoi bon tous ces vêtements!
  • Vous adorez le vélo? À quoi servent le longboard, les rollerblades et votre kit d'escalade!
  • Vous désirez entreprendre l'aquarelle? Pourquoi tous ces livres de recettes!


:: À VOUS LA CAISSE

L'objectif étant de libérer du temps, de l'espace et des fonds, je souhaite entendre ce dont vous allez vous défaire. Vous verrez : il est facile de dire j'aime ça et ça, mais vachement moins évident de se départir de nos babioles. Et c'est pour ça que je suis surtout curieux de savoir ce qui sera « sacrifié » de votre vie. Et qui sait : peut-être trouverez-vous preneur parmi les lecteurs?


dimanche 19 février 2012

LE MANIFESTE! ou Pourquoi devrions-nous tous piger dans La p'tite caisse?


:: MA P'TITE HISTOIRE

Je travaille depuis que j’ai 14 ans; à temps plein depuis que j’en ai 21.

Ma vie « professionnelle » a débuté en tant que travailleur autonome dans le domaine de la télévision. Puis, j’ai été chef d’entreprise pendant 3 ans et propriétaire de 10 logements locatifs pendant plus de 10 ans. Malgré des revenus considérables tout au long de la 20aine, j’avais toujours l’impression de ne pas joindre les deux bouts. Je n’ai jamais frôlé la catastrophe financière (faillite), mais je m’endettais continuellement malgré des revenus (bruts, on s'entend) de près de 200 000 $ par année. J’ai fait 2 consolidations de dettes et me suis déjà déjà retrouvé avec 4 cartes de crédit « pleines ».

Puis, j’ai compris quelque chose : la richesse ne dépend pas de revenus élevés. Elle commence par une planification éclairée et réaliste, une certaine discipline, mais surtout une stratégie et des trucs concrets pour vivre sans dettes.

Maintenant dans la mi-30aine, en couple et avec un enfant, nous vivons tous sans dettes aucune*! La maison est payée, les voitures sont payées et la seule carte de crédit que nous avons n’a aucun solde mensuel. Nous avons des économies de côté pour les urgences et sommes dans une situation où si une occasion d’affaires devait se présenter, nous pourrions en profiter sans avoir recours à du financement additionnel.

:: POURQUOI LA P'TITE CAISSE?

Ce blogue n'est pas un simple blogue : c'est un Master Plan!

Créer un rassemblement de gens qui, comme moi, désirent faire un pied de nez (pour ne pas dire un gros F*** Y**) à celles et ceux qui nous font croire que la vie à crédit, c'est normal, acceptable et inévitable; qui nous convainquent que de simples citoyens comme nous sommes condamnés à vivre aux crochets des BMO, VISA, MC, BN, ING et autres magnats de ce monde; qui nous chantent que notre pouvoir d'achat est limité et qu'on n'y peut rien!

La réalité, c'est que ces gens — les conseillers financiers, préposés au financement, vendeurs, dirigeants d'entreprises, fiscalistes et financiers, comptables et pions du système économique — gagnent leur vie à nous faire perdre la nôtre. Ils nous font croire que sans leur crédit, on ne peut se permettre les belles choses de la vie. Ils nous font miroiter de faibles mensualités, que nous payons à l'infini; leur but n'est pas de nous faire payer le plus cher possible maintenant, mais de payer le plus longtemps possible.

Si je vous offrais le choix entre recevoir 250 000 $ dès maintenant, ou 1000 $ par semaine à vie**, laquelle des deux options choisiriez-vous? En répondant à cette question, vous v'nez de comprendre sur quoi repose le système en place... Sur le financement à perpétuité.

En tant que mouvement, nous allons nous doter d'outils pour vivre librement et sans dettes. Et n'allez pas croire que ce sera difficile ou exigeant; nous allons tous partager nos trucs et astuces, développer une philosophie et un sens critique qui nous permettront quotidiennement d'augmenter notre pouvoir d'achat et d'atteindre la Liberté 55 à l'âge de notre choix! Nul besoin de devenir des as de la finance, des comptables aguerris ou de fins fiscalistes. Nous possédons tous les capacités et la logique nécessaires à l'atteinte de notre but.

:: UN PEU DE RHÉTORIQUE

J'entends déjà les pessimistes et hyperréalistes (les ambassadeurs du statu quo) me reprocher : « Notre société et ses fondements économiques reposent sur la consommation. Cesser de consommer, c'est encourager la chute de l'économie. »

Je ne prône pas l'arrêt de la consommation et l'écureuillisme (empiler de l'argent pour le plaisir de l'empiler); j'encourage les gens à prendre leurs finances personnelles en main afin de cesser de verser des intérêts (ce qui équivaut à payer nos convoitises de 10 à 50 % plus cher qu'elles ne le valent réellement), à consommer intelligemment et d'en avoir réellement pour notre argent. Comme diraient les Chinois : Keep on spending as much as you do now, but have something to show for it! (Dépensez autant que vous le faites en ce moment, mais ayez de quoi de concret en échange).

Encourageons l'achat local, source d'emplois et de fierté.

Encourageons une consommation basée d'abord et avant tout sur la qualité du produit, plutôt que sur l'aubaine du moment.

Lectrices et lecteurs, consommatrices et consommateurs; joignez le mouvement! Prouvons aux bonzes de l'économie actuelle que nous possédons l'esprit critique pour déjouer leur plan machiavélique.

:: CE QUE JE VOUS OFFRE

Le blogue de La p'tite caisse sera le coeur de notre discours (mais pas son seul refuge). Je le nourrirai de conseils, trucs, astuces, filons, anecdotes et faits — le tout parsemé d'un brin de folie et de propos juteux — dont vous vous délecterez. Ce sera aussi un lieu d'échange où vos commentaires, expériences personnelles et compléments seront bienvenus. Mais surtout, ce sera une tribune où la confrontation d'idées, les remises en question et les débats (civilisés, évidemment) seront encouragés!

Les sujets iront du financièrement étouffant (hypothèque, dettes de consommation) au très quotidien et terre-à-terre (sauver quelques dollars chaque jour, sans s'en rendre trop compte).

:: ET VOTRE ENGAGEMENT

Vous venez de découvrir notre mouvement? Welcome home! Je ne vous demande qu'une seule chose : un mois.

Promettez-moi de demeurer fidèles au blogue pour une période d'au moins un mois, de prendre les quelques minutes nécessaires pour lire les billets et les interventions, de participer au discours si vous en voyez la pertinence. Je ne vous demande que ça. Un mois de lecture, qui ne vous coûteront littéralement rien. Et comme le but est d'augmenter notre pouvoir d'achat et de prendre nos finances personnelles en main, c'est le seul vrai risque que vous courrez; de vous retrouver vous aussi sur le chemin de l'autonomie et de la liberté.

Pour vous faciliter la tâche, pourquoi ne pas ajouter votre adresse courriel à la liste d'envoi (liste qui, dois-je le préciser, ne deviendra jamais un outil de propagande commerciale...)? Une fois votre « période d'essai » de 30 jours terminée, de deux choses l'une; vous quittez les lieux calmement et demandez un remboursement complet (i.e. vous retirez votre nom de ladite liste), ou vous continuez la route avec nous.

Z'en dites?

* Il s'agit ici d'un petit mensonge, mais je partagerai — dans un billet prochain — pourquoi je considère négligeable ma seule et unique « dette ».

** Pour les friands de calculs : 1000 $ par semaine = 52 000 $ par année = en moins de 5 ans, vous avez déjà fait plus d'argent...

:: LA PETITE NOTE DE BAS DE PAGE QUI — HABITUELLEMENT — EST TELLEMENT PETITE QU'ELLE EN DEVIENT ILLISIBLE ::

Je ne suis ni un guru, ni un as de la finance, ni un planificateur financier ou un vendeur de produits d’épargne. Je ne suis qu’un père de famille et un entrepreneur qui, au fil des années, a développé une philosophie simple et efficace pour y voir clair dans un budget personnel ou familial, minimiser les frais de crédit et dépenses inutiles et atteindre mes objectifs financiers. Je ne vends aucun produit financier et ne suis affilié avec aucune banque ou caisse. Je ne veux qu’aider les gens qui, comme moi à une certaine époque, ne voient pas la lumière au bout du tunnel.


vendredi 10 février 2012

Comment devenir riche (ou du moins, ne pas perdre sa job)

Un petit article publié sur ma page Facebook. Je suis curieux de connaître vos réactions et impressions. Z'en pensez?


(j'ai décidé de le transcrire ici, au lieu de simplement vous offrir le lien)




Il y a 2 méthodes pour s'enrichir.

  • Il y a celle où l'on fait tout pour se distancier des autres, ce qui fait de nous un « riche » relativement à ceux que nous écrasons, qui deviennent alors pauvres.
  • Il y a celle où l'on se dit que si notre voisin est de plus en plus riche, invariablement, nous le deviendrons aussi.

Personnellement, j'ai un fort penchant pour cette dernière.

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Je travaille pour une entreprise médiatique. Précisément, pour un télédiffuseur de chaînes dites spécialisées et payantes. Cette distinction — par opposition aux chaînes dites généralistes — devient importante, puisque somme toute, on pourrait dire que je travaille dans un domaine « de luxe »; les gens doivent débourser de l'argent supplémentaire afin de s'abonner aux chaînes télé que mon employeur exploite (contrairement à Radio-Canada, que tous peuvent regarder gratuitement avec une bonne vieille antenne).

Mon voisin est abonné au câble (en fait, à la télé satellite, comme en fait foi la Bell petite coupole discrètement attachée à l'arrière de sa maison). Il se paie ce luxe, puisqu'il en a les moyens. Le jour où mon voisin perd son emploi et voit sa situation financière devenir précaire, il devra faire des choix. Entre vous et moi, s'il doit choisir entre l'épicerie pour sa famille et le câble, j'ai comme un pressentiment que le câble prendra le bord en premier! Et s'il coupe le câble, il coupe une partie de ma sécurité d'emploi.

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Je magasine actuellement des bottes d'hiver. Au lieu d'acheter aveuglément le spécial de la semaine chez Yellow, j'ai décidé de faire mes devoirs et de faire un choix éclairé et responsable; je vais acheter des bottes fabriquées au Québec (si possible), sinon au Canada ou (au pire) en Amérique du Nord. Je commence mes recherches.

Surprise! Il y a plusieurs manufacturiers de bottes au Canada. Il y en a même un au Québec : les bottes Kamik. Ce n'est pas toute leur gamme qui est fabriquée ici (certains modèles nous arrivent de Chine), mais il y a un modèle que j'aime bien. Made In Montréal. Bin coudonc. J'achète!

Par ce simple geste, j'encourage l'économie locale, je contribue à maintenir les capitaux dans ma communauté et je minimise l'impact environnemental de mon achat (diminution du transport, fabrication selon des normes connues, etc.). Qui plus est, j'achète un produit qui est fort probablement de meilleure qualité que la camelote qui nous arrive pleins conteneurs Made In China. Un produit qui sera plus durable. Un produit qui, à moyen terme, me coûtera donc moins cher, car je n'aurai pas à le remplacer aussi rapidement.

Mais surtout, je contribue à ce que mon voisin garde sa job. Et qu'il puisse continuer de se payer le câble. Qu'il continue de payer mon salaire, quoi.

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Chaque achat que nous faisons est un geste conscient, empreint de responsabilités économiques, sociales et environnementales. Chaque fois que j'achète Made In China, je contribue au réservoir de mazout d'un transatlantique, aux conditions minables pour les employés de ces usines peu contrôlées, à l'exode de nos capitaux, aux salaires de gens qui demeurent à 11 085 km de moi.

Mais chaque fois que je fais un achat réfléchi, responsable et local, je contribue à la richesse de mon voisin et à la mienne.

Je ne suis pas riche. Pas encore, du moins. Mais chose certaine, je suis trop pauvre pour me permettre que mon voisin perde sa job!

Mon grand grand grand patron, lui, il est riche. Malgré tout, je le suspecte fortement de partager ma recette de la richesse, car il sait que si mon voisin, mon cousin, mon boucher, mon garagiste et moi perdons nos emplois, éventuellement, il perdra tous ses clients. Et son entreprise. Et sa fortune. Alors mon grand grand grand patron, il prend soin de moi, m'offre des conditions de travail alléchantes et s'assure de partager sa richesse (en faisant bénéficier employés et actionnaires de primes intéressantes). Mon grand grand grand patron — je le crois sincèrement — MÉRITE sa fortune.

Quand on s'y attarde, on constate que 90 % d'entre-nous travaillons dans un domaine que l'on peut qualifier « de luxe », i.e. qui dépend de la richesse des autres. À moins que l'on ne bosse dans un secteur d'activité qui soit essentiel à la survie de l'espèce (alimentation, construction, industrie du sexe...), nos salaires dépendent d'abord et avant tout du salaire des autres. Même les milliardaires à la tête de multinationales DOIVENT s'assurer que la population soit en mesure de s'offrir leurs produits et services. Celles et ceux qui se fient uniquement à la première approche citée ci-haut feront effectivement fortune rapidement (en s'attirant la haine, la jalousie et l'indignation), mais tomberont éventuellement. Avec les pauvres.

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Certains qualifieront mon raisonnement de simpliste, puisqu'il ne tient pas compte de l'inflation et des aspects macroéconomiques du marché. Je leur répondrai simplement ceci : certes, une population qui s'enrichit encourage l'inflation (ce qui, du même coup, diminue le pouvoir d'achat des individus). Peut-être. Mais les Chinois — qui s'enrichissent depuis des décennies avec les capitaux qu'on leur envoie afin qu'ils produisent nos babioles — voient eux aussi leur pouvoir d'achat augmenter. Et leur appétit croît. Et s'en suit l'inflation. Et ils augmentent leurs coûts de production. Et nous refilent la facture. Alors, que ce soit ici ou outremer, l'inflation m'affecte tout autant. 

Entre deux maux, je choisis volontiers celui où c'est mon voisin qui s'inflationne.