Manifeste

Si c'est votre première visite, je vous invite à LIRE LE MANIFESTE!

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vendredi 22 juin 2012

Doubler la mise? Doubler de patience...

« En investissant, le principe des intérêts composés fait qu'on peut rapidement doubler notre montant initial. »

Vous l'avez déjà entendu, celle-là? Moi oui. Et souvent.

En effet, c'est tout à fait vrai et possible. Un petit 5 mille bien placé deviendra un grand 10 mille un jour ou l'autre. Mais en combien de temps?

Cette courte vidéo — tirée de Major Blog — nous offre une technique simple et rapide pour le déterminer. De la bouche même d'un conseiller financier.

Vous l'avez visionnée, la vidéo? Découragé? Faut pas!

Parce que la théorie du paiement de dettes rapido presto semble encore plus rentable (exemples tirés d'un article précédent) :

Payer sa dette d'étude :
150 $ x 48 mois = investissement de 7200 $;
Économie engendrée de 1576,01 $;
On double donc théoriquement en 18 ans.
Or, pour doubler cette mise de façon traditionnelle à 3 % (optimiste, selon cette charte) = 72 / 3 = 24 ans.

En payant d'abord notre dette, on double notre mise 6 années plus tôt!

Clairer sa carte de crédit :
150 $ x 19 mois = investissement de 2850 $;
Économie engendrée de 936,35 $;
On double théoriquement en un peu moins de 5 ans.
... mais toujours en 24 ans de la façon traditionnelle à 3 % de rendement. Et si on ôse espérer du 6 %, ça prend encore 12 ans!

Mettre plus sur le paiement de la bagnole :
150 $ x 42 mois = investissement de 6300 $;
Économie engendrée de 1471,61 $;
On double théoriquement en 15 ans.
Et si cet argent était placé à 4 % (toujours très optimiste) =  18 ans. On double encore 3 ans plus tôt.

Notez également que mon raisonnement est faussé à son avantage, puisque je présume que le montant épargné — qu'on a pas encore en poche initialiment, puisque ça prend entre 19 et 48 mois pour « l'accumuler » et l'appliquer sur la dette — est placé et rentable dès le jour 1, alors que ce n'est visiblement pas le cas.

Donc, pour doubler notre 1500 piastres de dette d'études, il faudra ajouter 10 mois aux 24 ans, le temps de l'accumuler et de pouvoir le placer. Vous pigez?

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Seulement une fois debt free devrions-nous penser investir! Le plus rentable, c'est de cesser de payer de l'intérêt.

Or, un peu comme le célèbre canin d'un vieux russe, nous avons été conditionnés à penser fonds communs, REER, actions, fonds de retraite dès qu'on entends investissement. Et on oublie qu'il y a beaucoup d'autres possibilités qui s'offrent à nous. Moins traditionnelles, mais autant — sinon plus — rentables et amusantes.

Je vous promets un article sur le sujet depuis plusieurs semaines déjà, mais je serais curieux d'avoir votre son de cloche d'abord : si vous aviez un montant à investir, quelles seraient vos choix non traditionnels — hors produits bancaires typiques?

Z'en dites?


mardi 19 juin 2012

Scandale! Nous sommes victimes de profilage fiscal!


Nous l'avons tous vécu un jour ou l'autre. Parfois au boulot. Parfois en ligne. Souvent, assis au bureau de notre conseillère ou conseiller.

Un beau questionnaire d'une 10aine de questions — aux apparences de test psychologique — qu'on nous fait subir pour déterminer notre profil d'investisseur. Ainsi (prétendent nos interlocuteurs) peuvent-ils nous aiguiller dans la bonne direction et nous offrir le « produit » le plus approprié à notre personnalité et à nos objectifs.

Êtes-vous un investisseur conservateur? Modéré? Ambitieux?

Foutaise.

La vraie question : Êtes-vous un investisseur critique, ou dupe?


:: CE QUE CACHENT LES 3 CATÉGORIES CI-HAUT ÉNONCÉES

Une fois leur questionnaire complété, votre conseiller vos annonce fièrement de quelle trempe vous êtes.

Conservateur? Vous n'aimez pas le risque et préférez un rendement plus faible, mais stable.

En fait, ce profilage confirme à l'institution financière que vous allez accepter moins de 1,5 % de rendement, sans trop vous plaindre et sans vous rendre trop compte que votre argent fructifie deux fois moins que l'inflation (tableau interactif amusant et pertinent) et l'augmentation du coût de la vie.

Modéré? Vous êtes prêt à prendre un certain risque calculé, mais visez la croissance.

i.e. On vous donnera du 5, puis du 0,2, puis du 8, puis du -2 pour cent. Vous aurez l'impression d'être un gros bonnet qui joue à la bourse, mais la moyenne sera bien décevante et vous ne vous en rendrez pas trop compte.

Ambitieux? Vous êtes prêt à prendre plus de risques, car vous visez la croissance optimale à long terme. C'est ce dont on veut vous convaincre.

En d'autres mots, on vous fera avaler des drops de rendement de l'ordre de 5 à 10 pour cent, mais vous ne vous plaindrez pas parce que vous, vous êtes patient et attendez que ça r'monte à 8 ou 12! Souvenez-vous de notre exemple précédent, qui prouve que quand votre placement passe de 1000 à 800 dollars, il faut un rendement vachement plus haut — et beaucoup de temps — pour rentrer dans votre argent!


:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Alors, à quoi servent ces questionnaires subtils de profilage fiscal? Servent-ils réellement nos intérêts — sans jeu de mots — ou sont-ils plutôt une ruse pour nous faire gober des rendements minuscules et des pertes pécuniaires douloureuses?

Z'en dites?


vendredi 15 juin 2012

Faites plus d'argent plus vite, sans placement aucun!


En début de semaine, nous avons discuté à quel point je considère m'être fait berner en injectant de l'argent dans mon REER. Aujourd'hui, regardons de cossé j'aurais pu bin faire avec cet argent et comment ç'aurait été bénéfique sur mes finances. Nous allons constater — une fois de — plus que I > R et que les institutions financières font beaucoup d'argent avec la doctrine payez un peu vos dettes et placez un peu d'argent de côté.


:: PETIT RÉCAP DE MON AVENTURE REER
  • 150 $ par mois, injecté pendant 6 ans;
  • 1800 $ par année;
  • 1000 $ de profit en 8 ans.

:: SI J'AVAIS UNE DETTE D'ÉTUDE...

... et que je m'étais servi de mon argent « de retraite » pour éliminer cette dette plus rapidement (supposons une dette d'études de 12 000 $ à un taux de 4 % que je m'engage à rembourser sur 10 ans) :

Dette totale
12 000,00 $
Taux
4,00 %
Mensualité
121,49 $
Durée
120 mois
Coût total
14 579,43 $
Intérêts payés
2 579,43 $


Mensualité augmentée (+ 150 $)
271,49 $
Nouvelle durée
48 mois
Coût total
13 003, 42 $
Intérêts payés
1 003,42 $
ÉCONOMIE
1 576,01 $

Bref, j'économise plus de 1500 dollars en intérêt et je claire ma dette en 4 ans au lieu de 10. C'est donc dire qu'à partir du 49e mois, je ne paye plus d'intérêt, mon dossier de crédit s'en porte vachement mieux et j'ai maintenant 271,49 $ de lousse mensuellement dans mon budget, puisque ma dette est payée et que je peux faire ce que bon me semble avec cet argent. Pas mal, non? J'ai déjà fait 500 piastres de plus en clairant ma dette plus rapidement qu'en l'investissant dans un placement REER.


:: SI VISA VOULAIT MA PEAU

Pour calculer le coût de votre dette de crédit, utilisez cette calculatrice du gouvernement du Canada.

Dette totale
3 500,00 $
Taux
9,5 %
Paiement minimum
3 %
Durée
145 mois
Coût total
4 690,41 $
Intérêts payés
1 190,41 $


Mensualité augmentée
3 % + 150 $ par mois
Nouvelle durée
19 mois
Intérêts payés
254,06 $
ÉCONOMIE
936,35 $

OK... Au lieu de prendre 12 ans pour remettre ma carte de crédit à zéro, j'le fais en un an et demi et j'économise près de mille piastres. Est-ce à dire que j'arrive kif-kif avec mon REER qui m'a rapporté mille balles en 8 ans? Pantoute! Puisqu'un an et demi après m'être attaqué à ma dette, j'me retrouve grosso modo avec 250 dollars de lousse par mois (3 % + 150 $) dans mon budget. Selon moi, c'est encore mieux que la dette d'étude!


:: SI J'AVAIS UN CHAR (ÇA CHANGERAIT MA VIE?)

J'ai pris l'exemple d'une Honda Civid Hybride (question d'être écolo sur les bords...)

Dette totale
24 990,00 $
Taux
4,99 %
Mensualité
471,48 $
Durée
60 mois
Coût total
28 288,61
Intérêts payés
3 298,61 $


Mensualité augmentée
638,50 $
Nouveau taux
3,99 %
Nouvelle durée
42 mois
Intérêts payés
1 827,00 $
ÉCONOMIE
1 471,61 $

Dans ce cas-ci, ce qui est amusant, c'est qu'en ajoutant 170 piastres par mois sur la mensualité, on raccourcit la période de paiement d'un an et demi et on réduit le taux d'un pour cent. Et on économise 1471,61 $ en intérêt. Nice!


:: SI JE VOULAIS DÉ-HYPOTHÉQUER MON AVENIR

Voici un chiffrier gratuit pour vous amuser avec votre réalité hypothécaire. Mais supposons qu'il me reste 150 mille piastres sur ma maison à payer et qu'on calcule sur 72 mois (la période pendant laquelle j'ai contribué à mon REER à hauteur de 150 $ par mois) :

Hypothèque résiduelle
150 000 $
Taux
3 %
Mensualités
711,32 $
Durée
72 mois
Capital payé
26 495,09 $
Intérêts payés
24 719,95 $


Mensualité augmentée
861,32 $
Capital payé
38 311,98 $
Intérêts payés
23 703,06 $

J'aurai économisé 1016,89 $ en intérêt sur 6 ans. Encore une fois, pas mal! Et supérieur à ce que mon REER m'a offert en 8 ans! Mais surtout, ce qui est intéressant de souligner ici, c'est que mon capital a dramatiquement baissé! Et si je continuais ainsi à ajouter 150 $ par mois à mon paiement hypothécaire, je finirais de payer ma maison 6 ans plus tôt et sauverais 16 216,58 $ en intérêts!


:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Chacun de ces quatre scénarios m'aurait permis d'économiser entre mille et quinze cents piastres, soit l'équivalent — ou plus — que ce que mon REER m'a rapporté. Cependant, les quatre scénarios me permettent cette économie sur une période plus courte que les 8 ans qu'a pris mon REER à fructifier. 

Payer toute dette le plus rapidement possible sera toujours une excellente stratégie financière. En fait, ce sera toujours celle que je favoriserai, jusqu'à ce que quelqu'un puisse me prouver le contraire, chiffres à l'appui. Consacrez-y une très grande partie — voire la totalité — de vos efforts financiers. Vous augmenterez ainsi votre pouvoir d'achat en moins de temps qu'il en faut pour placer et faire fructifier vos bidous.

Mais deux choses primordiales sont à ret'nir :
  1. Avant de faire quelque move que ce soit, réfléchissez et calculez. Nos situations sont toutes uniques et différentes et vous êtes les seuls avec le pouvoir de prendre la meilleure décision;
  2. Une fois vos dettes éliminées, il ne s'agit pas de dépenser comme s'il n'y avait plus de lendemain, mais bien d'adopter une stratégie qui continue à vous mener vers une plus grande liberté et autonomie financière.
Z'en dites?


mardi 12 juin 2012

Ce qui se cache derREER...

De plus en plus de gens me demandent pourquoi je ne crois plus aux REER. Quoi de plus bavard et éloquent qu'un bel exemple — bien concret, bien réel — tiré de ma propre expérience.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, j'ai bel et bien un REER. Eh oui, je l'avoue : j'y ai déjà cru moi aussi, à ce stratagème machiavélique. Entre novembre 2004 et juillet 2010, j'y contribuais à raison de (plus ou moins) 150 $ par mois.

Environ 1800 $ par an.

En 69 mois, j'y ai injecté 10 500 $. Du moins, c'est ce que me dit mon dernier relevé de placement.

Depuis juillet 2010, je n'y contribue plus, mais n'ôse l'encaisser. Vous comprendrez pourquoi plus loin...

Aux dernières nouvelles, ce « placement » valait 11 584,66 $ (à titre comparatif, il s'élevait à 11 765,19 $ au 31 décembre 2010; en un an, j'ai donc perdu 180 piastres...). Mais si on considère que j'y ai initialement investi 10 500 dollars, on peut prétendre que j'ai gagné mille balles.

On peut.

Mais pas moi.

:: LE PITCH DE VENTE

L'objectif du REER (plutôt : ce que mettent de l'avant les institutions pour nous faire gober ce concept) : différer un paiement d'impôt. Eux disent sauver de l'impôt, mais je refuse cette formulation. Dac? On ne sauve rien : on fait comme chez Léon; profitez maintenant et payez plus tard.

Dedans ma vie personnelle à moi, en 2004 et 2005 (alors travailleur autonome), j'étais imposé à un taux approximatif de 20 %. Je « sauvais » donc plus ou moins 20 % de 1800 $ par année, soit 360 piastres en impôts. Bof... Et j'insiste sur le sauvais entre guillemets, car n'oublions jamais que le REER n'est pas une économie d'impôts : ce n'est qu'un paiement différé!

Pour 2006 et 2007, tous mes efforts économiques étaient consacrés à une entreprise co-fondée avec 2 associés. Revenus minimaux, donc taux d'imposition approximatif de 13 %; « économies » de 234 $ par année... Bof-Bof...

Entre 2008 et 2010 — ma période d'employé temporaire (salarié, mais non permanent) — taux d'imposition approximatif de 21 %. « Économies » de 378 $ par année. Bin coudonc... Moins bof, mais bof pareil!

Aujourd'hui, j'aurais bien le goût de prendre cet argent et d'en faire quelque chose de plus constructif, rentable et intéressant à mes yeux :
  • Investir en immobilier
  • Démarrer une PME
  • Partir 6 mois explorer l'Amérique du Nord
V'voyez l'genre?

Mais si je l'encaisse dès maintenant, mon taux d'imposition (salaire + REER + autres revenus) jouerait dans les 28 %. Ouch!

:: RÉCAPITULATIF
  • Rendement du placement sur près de 8 ans : 1000 $, soit l'équivalent de 1,25 % par année, calculé mensuellement (et vive les intérêts décomposés!);
  • Paiements différés en impôt : 1944 $ (certains diront économies, moi j'insiste pour dire : paiement différé, car je dois encore cet argent au fisc);
Or si j'encaisse le REER aujourd'hui pour en profiter autrement (et maintenant), je devrai payer 3176,25 $ en impôts.

Elle est où, l'économie? Aux yeux de la grande majorité, j'ai « fait » 1000 + 1944 piastres. À mes yeux, j'en ai perdu 230.

J'ai sauvé du 20, puis du 13, puis du 21 pour cent d'impôt, pour en payer plus maintenant? Et à ma retraite, je ne pense pas en payer moins non plus!

Et comme le démontre cet article, non seulement ai-je fait très peu de ca$h, mais mon pouvoir d'achat a aussi diminué, car mon « rendement » de 1,25 % ne comble même pas l'augmentation du coût de la vie! J'ai perdu un autre pour cent! Ciboire!

En d'autres termes, ce qui coûtait 10 500 $ en 2004 coûte aujourd'hui 12 500 $. Et moi, je n'en ai que 11 500 $. Y me manque mil piastres! Diantre! Personne ne peut contester que mon pouvoir d'achat a réellement diminué!

Oui mais Champion, le REER c'est fait pour être encaissé à ta retraite, alors que t'auras peu ou pas de revenus!

Je ne sais pas pour vous, mais je ne considère pas que j'ai un train de vie exceptionnel. Confortable, oui, mais pas surréaliste. Et je n'ai pas l'intention de diminuer mes déplacements et de ne pas avoir de bagnole et de manger moins et de chauffer moins ma maison et de voyager moins (difficile, car je voyage déjà très peu) et de moins porter de linge à la retraite que j'le fais présentement. Alors, si je prévois maintenir le même niveau de vie, je vais devoir avoir des revenus similaires à ma retraite que ce que j'ai présentement, vrai? Et c'est aussi ce que les outils de prévision de retraite (un autre ici) me confirment. Alors, je vais payer autant d'impôts ou presque, soit du 21 pour cent, plus ou moins. Simple de même. Et de toute façon, que je contribue encore à mon REER ou pas, il ne m'a donné que du 1,25 % de rendement annuel sur 8 ans, soit la moitié de l'augmentation du coût de la vie! Hey! BOF! BOF! BOF!


:: DANS L'FONDS DU BARIL

Certains diront que j'ai un placement merdique qui m'offre un rendement pas très compétitif. Peut-être. Mais je ne suis pas le seul à participer à ce fonds, vrai? Donc, nous sommes plusieurs milliers dans la même situation, vrai? Et si mon fonds est ainsi, j'imagine que d'autres fonds le sont aussi; certains supérieurs, d'autres encore moins performants... Et vous, votre fonds, il performe? Vous le savez? Je ne parle pas du taux de rendement, mais en dollars sonnants, il vous en donne pour la peine? Plus que l'inflation et l'augmentation du coût de la vie?

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Je le martellerai jusqu'à ma mort : payez d'abord toutes vos dettes, puis pensez à économiser. L'augmentation de votre pouvoir d'achat passe d'abord et avant tout par la disparition de vos paiements mensuels. Le choix est clair : finir de payer, ou payer à l'infini? Une fois que vous n'aurez plus d'hypothèque à clairer, de carte de crédit à rembourser, de voiture à payer, de prêt étudiant à effacer, vous aurez du lousse dans votre budget comme vous n'en croirez pas! Et là, vous aurez gaspillé le minimum de vos revenus en paiement d'intérêt.


Parce que l'intérêt payé est à la finance personnelle, ce que la calorie vide est à la nutrition.


Et pour ce qui est de calculer le rendement d'un fonds, de grâce, ne vous limitez pas au taux (souvenez-vous de notre discussion sur les serpents et échelles...). Prenez le temps de le calculer réellement. Parce que mon fonds, il y a quelques années, a aussi donné du 16 %!

Z'en dites?

:: PETITE NOTE POUR LES PESSIMISTES

Ne vous inquiétez guère et surtout, ne désespérez pas; bientôt, nous explorerons quelles sont les autres options qui s'offrent à nous pour préparer une retraite amusante et confortable.

Nous regarderons aussi ce que nous aurions pu faire d'autre avec ce 150 $ par mois et l'impact que cela aurait eu sur nos autres dettes.

:: LECTURE ADITIONNELLE

Sur les frais de gestion des REER. Enjoy!


vendredi 1 juin 2012

FAITES de l'argent, sur le dos de Visa!

Décidément, c'aura été not' s'maine Cartes de crédit!

Ironiquement — et ce malgré les mauvaises nouvelles d'un article précédent — le moyen le plus payant et avantageux de régler tous vos achats, c'est à l'aide d'une carte de crédit. Oui oui, vous avez bien lu : Champion — ici présent — vous encourage à avoir recours à la carte de crédit!
  • Contrairement au paiement direct et aux retraits au guichet, votre carte de crédit ne vous coûtera jamais un seul sou en frais d'administration pour une transaction;
  • Contrairement au paiement comptant ou par débit, votre carte de crédit vous permet d'accumuler des primes, des dollars ou n'importe quelle autre forme de patente-à-points imaginable;
  • Contrairement au paiement comptant et par débit, la carte de crédit vous permet de garder votre argent un peu plus longtemps, de différer un paiement (potentiellement) sans frais. Et de l'argent plus longtemps dans votre compte, c'est de l'argent qui travaille pour vous un peu plus longtemps;
  • Contrairement au paiement comptant ou par débit, les cartes de crédit vous offrent des avantages comme des assurances voyage, des extensions de garanties du manufacturier, etc. (moyennant certains frais mensuels);
  • Et malheureusement, payer comptant ou par débit n'aura jamais d'incidence positive sur votre cote de crédit.
:: AU JOUR LE JOUR

À la maison, ma dulcinée et moi partageons une carte conjoint (deux cartes sur le même compte) et toutes, je dis bien TOUTES nos transactions y sont portées. Essence. Restos. Entretien des autos. Achats persos. Même nos comptes de cellulaire respectifs et l'Hydro y sont en prélèvements préautorisés.

Pourquoi?

Comme on a un budget familial équilibré et qu'on le respecte, on n'a jamais de surprise à la fin du mois. Recevoir un compte Visa qui flirte avec les deux mille balles n'est pas rare. Mais l'argent est là, dans le compte, et elle attend sagement. Et on claire le compte, sans stress.

Mais la magie de tout ça, c'est que notre carte nous permet d'accumuler des primes (des Bonidollars dans notre cas). Et chaque mois, on accumule 1 % de nos transactions en points.

Certes, ladite carte nous coûte 60 dollars annuellement (ce qui inclut d'autres avantages, comme l'ajout d'une année supplémentaire à la garantie de base du manufacturier, sur tout achat porté sur la carte). Mais annuellement, ce sont quelques centaines de dollars qu'on réussit à ramasser, comme de petits écureuils.

Alors quand on a une rondelette somme en Bonidollars qui nous pend au bout du compte, on s'en sert pour payer un ou deux weekends de camping ou une escapade hôtelière.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Utiliser sagement une carte de crédit, c'est s'éviter les frais que les caisses et banques nous imposent pour des transactions au guichet (frais qui peuvent facilement avoisiner les 10 $ / mois). Et choisir une carte qui vous offre des récompenses vous fait littéralement gagner de l'argent supplémentaire.

Ciblez donc une carte — une seule — qui correspond à vos intérêts (sans jeu de mots...) et vous offre les récompenses dont vous profiterez réellement. Mais ce que j'aime particulièrement du programme Bonidollars, c'est qu'on peut profiter de remises pour une variété de choses, certaines des incontournables de la vie (je les ai mises en gras) :
  • des voyages, hôtels, campings, croisières, billets d'avion, etc.;
  • transport collectif (autobus, métro, train de banlieue, etc.);
  • Assurance auto et habitation (Desjardins Assurances générales et La Personnelle);
  • REER, FERR, REAQ et REEE (Valeurs Mobilières Desjardins);
  • Billets de spectacle;
  • Cartes-cadeaux (Rona, Familiprix, Cage aux sports, Renaud-Bray, etc.);
  • Dons à divers oeuvres et organismes (Équiterre, Croix-Rouge, Fondation CHU Sainte-Justine, etc.
Ce sont des récompenses qui ont vachement plus de valeur à mes yeux, que de pouvoir m'offrir un blender cheap après avoir accumulé 3 millions de points... Et ce sont des récompenses qui me permettent d'économiser de l'argent que j'aurais dû sortir de ma poche de toute façon.
C'est donc un programme qui contribue activement et facilement à l'augmentation de mon pouvoir d'achat. Parce que les 200 piastres que j'aurais sorties pour le camping, je les ai encore en poche! Et si je boycottais soudainement le camping, je pourrais quand même me payer un ou deux laissez-passer mensuels de train par année, ou économiser lors de mon prochain périple à la pharmacie.

Il suffit de faire preuve de discipline quant à l'utilisation de notre carte (pour ne pas se retrouver dans le rouge) et de discernement au moment de choisir sa récompense (xBox vs Rona).

Z'en dites?


mardi 22 mai 2012

Tout ce qui tombe... Remontera?

Le billet qui suit est basé sur l'histoire vécue par un ami et collègue. Nous l'avons dramatisé un soupçon, simplement pour que les chiffres parlent un peu plus fort.


:: LA P'TITE HISTOIRE

Gustave (nom fictif, évidemment) est un brave gaillard. Début 30aine, une blonde, deux enfants, il incarne le profil type du travailleur québécois, du bon père de famille, de l'homme qui se soucie de son avenir.

Il y a trois ans, la providence lui sourit et il encaisse un remboursement d'impôt d'un peu plus de 2000 dollars. Il prend alors un peu de recul et constate que cet argent inespéré, combiné avec quelques économies personnelles, met à sa disposition un bô cinq mille qu'il aimerait placer et voir fructifier.

Le beau-frère de Gustave, conseiller pour la Libertine67, lui propose alors un placement « qui ne peut pas faire autrement que d'monter, j'te l'garantis! » Pas plus sot que son voisin, Gustave embarque dans l'épopée, sachant que pour tirer le maximum de son argent, il doit accepter une certaine part de risque; un placement qui donne du bon rendement fluctuera, ira même parfois dans le négatif, « mais ça remonte toujours », lui assure le beauf.

Les quatre premiers mois, le placement livre la marchandise tel que promis : 9,7 % de rendement. 5000 dollars deviennent 5163,64 $. Pas mal!

Puis, les « marchés » tombent.

Comme vous le savez probablement, la grande majorité des placements qui nous sont offerts sont en fait des fonds communs, où un administrateur de fonds place votre argent dans des obligations d'épargne et achète des actions en votre nom. Donc, quand les marchés plantent, ce n'est pas seulement votre taux de rendement qui y goûte, mais votre capital aussi!

Au 5e mois, Gustave constate que sa cagnotte a fondu à 2250 $. Merde! Mais le beauf est confiant et dit que tout devrait rentrer dans l'ordre d'ici quelques mois.

Au bout d'un an, Gustave commence à s'inquiéter, car son magot n'a repris qu'un peu de poil de la bête et se situe toujours dans les 2500 piastres, bien en deçà de la mise initiale... Malgré un rendement moyen de 16 % !

:: UN PEU DE CHIFFRES

Gustave sort la calculette et s'attaque aux mathématiques de la chose.

Il réalise avec effroi que ça prendra un sapré bout de temps avant de récupérer son ca$h; même si son placement offre un rendement stable et constant qui avoisine les 10 % — ce qui serait l'équivalent d'apercevoir le Christ marcher sur les eaux du Lac-aux-Castors — et que ce rendement perdure, il lui faudra 7 ans avant de retrouver son précieux cinq mille. Putain!

Gustave vient de prendre conscience que les placements sont rentables seulement dans la mesure où l'on a un capital qui travaille pour nous. Quand les marchés font la moue, votre capital fond. Vous perdez alors votre pouvoir d'achat et devez espérer que les taux augmentent encore plus pour retrouver votre situation initiale. Moche!

Simplement dit et vulgarisé un tantinet : 1000 piastres à 5 %; vous faites 50 piastres de profit.

Si votre capital fond un peu, disons qu"il descend à 800 $, votre placement devra faire du 6,25 % pour vous donner le même 50 piastres de profit. Sans compter le temps perdu à rebâtir votre magot et vous retrouver à la case départ... (Passe Go et réclamez 200 $ dans 4 ans seulement)

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

La mesure mise de l'avant par toutes les institutions financières pour vanter les « performances » de leurs placements, c'est le taux de rendement. Or, nous venons de le constater, ce seul chiffre est totalement insipide. L'exemple de Gustave le prouve : pour remonter de 2500 à 5000 dollars en trois ans (ce qui serait une attente tout à fait compréhensible de la part de notre bon bougre), il faudrait que le fonds dans lequel il a investi lui fournisse 23 % de rendement. Yishhhhhhh...!

Certes, quand on place notre argent, on fait confiance aux gens et aux institutions et on se convainc qu'ils gèrent notre argent comme si c'était la leur. Mais les marchés, eux, ne pensent qu'à eux. Et n'importe qui qui prétend pouvoir prédire les marchés — ne serait-ce que deux mois à l'avance — a autant de crédibilité à mes yeux que cette femme.

Au moins, avec Jojo, je l'sais que je perds mon temps et mon argent. Et je sais combien je vais perdre!

Z'en dites?

:: À VOUS LA CAISSE

Avez-vous une histoire similaire à partager? Avez-vous retrouvé votre mise initiale? Avez-vous fait le calcul pour constater quels seraient le taux et la fenêtre pour renflouer vos coffres? Nous serions curieux de connaître vos (més)aventures.

Peut-être qu'en partageant nos histoires et nos expériences, trouverons-nous meilleur endroit pour entreposer nos sous? Ou du moins, nous trouverons moins pire!

*****

Petite vidéo en prime, pour vous faire sourire!


vendredi 11 mai 2012

Pour ne plus nager dans les dettes


J'avoue. La possibilité d'avoir sa propre piscine creusée pour la modique somme de cent piastres par mois; y'a de quoi faire rêver plusieurs d'entre nous.

Mais pour la Banque Nationale et Desjardins, la perspective d'empocher 10 000 bidous en intérêts, c'est encore plus alléchant!


C'est ce que dénonce cet article sur le site de Protégez-vous. Encore une fois, l'offre mensuelle semble alléchante, mais un rapide calcul nous démontre à quel point ce rêve de piscine peut (littéralement) devenir un énorme trou!

Sauter sur le tremplin Trévi, c'est accepter de payer le tiers plus cher pour votre oasis estival. Le tiers. 33 % plus cher. Vlan! Sans crier gare.

Qui plus est, le taux qu'on vous offre aujourd'hui est variable; vous signez donc un chèque en blanc aux institutions financières. Dans 3 ans, vous n'avez aucune certitude de cossé les marchés auront bin l'air et de combien qu'on vous chargera en intérêt (pis une piscine, c'est pas comme si on pouvait la vendre sur Lespac pour renflouer les coffres!). Ce 100 piastres par mois, qui vous semble si abordable aujourd'hui, pourrait rapidement devenir un fardeau énorme qui diminuera votre pouvoir d'achat sur une dizaine d'années ou plus.

« Oui, mais, j'aimerais ça moi, avoir une piscine! »

Je vous comprends. Et vous propose une alternative (non : pas celle d'aller à la piscine municipale pour les 20 prochaines années...).

Avancé par Tim Ferris, auteur du livre « The 4 Hour Work Week », le concept de miniretraites me plaît bien (et j'y reviendrai dans un article futur). En gros, Ferris propose qu'au lieu de nous démener à accumuler du cash jusqu'à 65 ans pour ensuite en profiter (peut-être, selon notre état de santé et notre situation à ce moment-là), nous devrions plutôt profiter de nos économies de façon ponctuelle et planifiée. Je simplifie son raisonnement, mais pour l'instant, ça nous suffira.

Vous avez de l'argent dans un REER en ce moment (ou dans tout autre placement)? Pourquoi ne pas vous offrir une miniretraite, i.e. vous offrir cette piscine creusée? Et, comme nous le proposions précédemment, prendre les 100 $ par mois pour rebâtir vos économies.

Ce qui m'amène à réitérer ma hantise des REER : vous avez présentement de l'argent de côté dans un REER. Bravo. Vous l'avez mis là pour économiser de l'impôt à un taux X. Vous désirez maintenant profiter de cet argent, aujourd'hui même? C'est votre droit et je vous comprends! Mais en le retirant, vous allez sans l'ombre d'un doute payer un taux d'imposition supérieur à X. C'est plate, hein?

Et c'est le principe des institutions financières : d'un côté, vous faire croire que vous ne devez pas toucher à votre propre argent, et de l'autre, vous reprêter de l'argent pour que vous réalisiez vos projets et rêves. I > R.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Que ce soit l'achat d'une piscine, d'une voiture, d'un divan ou d'une télévision, se limiter à r'garder la mensualité offerte par le commerçant est dangereux : on perd de vue la somme que nous flamberons en intérêts. Chacun de nos achats mérite un petit temps d'arrêt, un rapide calcul, pour s'assurer d'emprunter le chemin qui a le moins d'impact sur notre pouvoir d'achat. Mais surtout, il ne faut pas avoir peur d'envisager des scénarios hors-normes, des scénarios qu'on connaît moins, puisqu'ils sont moins rentables pour les Monstres économiques.

Z'en dites?


mardi 8 mai 2012

Dans' vie, tout se négocie! (et le service a un prix)


:: PRÉAMBULE

Quand j'évalue le prix d'un bien ou d'un service, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Certes, la série de chiffres à gauche du symbole $ est l'une des choses que j'évalue. Pas plus con qu'un autre, j'me dit que plus ce nombre est petit, mieux j'm'en tire.

Mais d'autres facteurs — que certains qualifierons de philosophiques ou qualitatifs — viennent également teinter ma décision finale. J'irais même jusqu'à dire que ces facteurs vont souvent l'emporter sur le simple price tag.

Merci à karoussel pour l'illustration


Acheter d'un commerçant local revêt de l'importance à mes yeux, et encourager l'économie de mon quartier a une certaine valeur monétaire; je suis prêt à payer un peu plus cher pour encourager le quincailler du coin, pour qu'il demeure en affaires, contribue à l'essor de ma ville — ce qui contribue à maintenir la valeur de ma maison — et simplement pour qu'il soit là, près de chez-moi, pour me dépanner le samedi après-midi quand j'ai besoin de deux boulons (l'alternative étant de partir en expédition pour aller virer au Smart Center, perdre un temps fou sur la route, dans le stationnement et à courir après le gars de l'allée 28 pour trouver la maudite bolt dont j'ai besoin).

Idem pour une entreprise socialement responsable, qui contribue à améliorer ma qualité de vie et minimise le fardeau social (McDo fait rouler le système de santé à plein régime, alors que Subway a le mérite d'offrir un produit moins néfaste. La sandwicherie du coin, c'est encore mieux!)

Mais ce que j'encourage fortement, c'est la qualité du service qu'on m'offre. Faire changer 4 pneus chez Canadian Tire coûte probablement moins cher que chez le garagiste, mais pour le jeunot qui s'acharne sur ma bagnole (et que je ne rencontre même pas en personne), je ne suis que le client 2457113. Mon garagiste du coin, lui, me connaît par mon nom, sait que je suis un bon et fidèle client et saura me conseiller judicieusement sur les réparations urgentes, les entretiens à venir et ceux qui peuvent attendre ou simplement être ignorés.

:: LE NERF DE LA GUERRE

Je fais affaire avec le même courtier en assurances depuis plus de 10 ans. Avec la même compagnie, la même conseillère. Et même si je ne lui parle qu'une ou deux fois par année, Madame Goyette me connaît et sais me conseiller. Et les rares fois où j'ai eu à faire des réclamations, elle m'a toujours aiguillé et aidé dans mes démarches, ce qui rend le processus christement moins douloureux.

Chez-nous, le mois de mai, c'est le mois des renouvellements d'assurances : auto et habitation. Je les ai justement reçus la semaine dernière. Un peu — lire vachement — surpris des nouvelles primes, j'écris à Madame Goyette pour lui demander pourquoi les assurances auto augmentent de 15 $ par mois (15 % de plus) et pourquoi les assurances de la maison grimpent de 25 $ par mois (37 %).

Elle me répond gentiment que les assurances auto, c'est la nouvelle prime de ma compagnie actuelle (L'Unique) et que pour la maison, il s'agit d'une conséquence de l'achat de Axa (mes anciens assureurs) par Intact. Axa était reconnu pour leurs primes agressives dans certains produits, mais Intact m'offre la même couverture selon leur grille tarifaire. Elle a fait le tour de ses fournisseurs et que c'est le prix le plus bas qu'elle peut m'offrir.

Bon... Magasinons!

J'appelle Desjardins.

Après un questionnaire d'une 15aine de minutes, on m'offre la maison pour 71 piastres par mois, pis les autos pour 100. La conseillère — à qui j'ai honnêtement avoué que je magasinais pour comparer — essaie mordicus de me faire mordre à son hameçon sur le champ. « Je vais quand même offrir la chance à ma courtière actuelle de présenter une contre-offre », je lui explique. « Elle m'a toujours offert un excellent service et je suis certain qu'elle pourra être compétitive ». La conseillère Desjardins s'empresse de me dire : « elle n'y pourra rien Monsieur. Je suis au courant de la transaction Axa/Intact et elle a les mains liées. »

Écoute... Pas plus fou qu'un autre, j'me dit que ça ne me coûte rien d'essayer. D'un coup que...

Re-courriel à Madame Goyette pour lui faire part de l'offre de la concurrence et lui demander si, avec cette offre en main, elle ne peut pas contacter les assureurs et leur demander de faire un effort. Je n'exige même pas de battre l'offre de Desjardins; juste de sentir qu'on fait un effort pour satisfaire un client de longue date. Je lui donne la soumission Desjardins. En fait, je sais que je lui donne des munitions pour aller au front en mon nom.

Réponse le lendemain. Voitures à 105 $ par mois, maison à 79.

Bien que cette offre soit supérieure à celle de Desjardins, je l'accepte avec un large sourire. Pourquoi? Parce que j'encourage un courtier indépendant. Mais surtout, parce que le service impeccable de Madame Goyette au cours des dix dernières années, ça vaut quelque chose. Dans ce cas-ci, un maigre 150 $ par année. Je dors l'esprit tranquille parce que je sais que si une couille survient, Madame Goyette s'en occupera personnellement (de mon dossier, et non de la couille...), comme elle l'a toujours fait. Alors que chez Desjardins, la conseillère qui vend n'est pas celle qui renouvelle n'est pas celle qui traite les réclamations n'est pas celle qui... V'voyez l'topo?

:: DANS LES FONDS D'LA CAISSE (au pluriel, parce qu'il y a deux morales à cette belle histoire)

Primo : tout se négocie dans la vie. Ne vous sentez jamais trop petits, trop insignifiants face aux Grandes Financières et autres monstres économiques. Les assurances se négocient. Les taux hypothécaires se négocient. Le prix d'une voiture — et les options qu'on vous offre gracieusement — se négocient. Le taux de votre carte de crédit se négocie. Une entreprise qui ignore et néglige les « petits » comme vous est une entreprise qui ne mérite pas votre confiance.

Secundo (e più importante) : nous avions déjà abordé le sujet sous un autre angle, mais il est primordial de consommer intelligemment. L'étiquette la plus abordable est sans l'ombre d'un doute la plus rentable à (très) court terme, mais retirez vos oeillères et préconisez une approche holistique. Les quelques dollars que vous sauvez aujourd'hui pourraient vous coûter très cher à moyen et long terme. On oublie souvent que le service que nous offre un commerçant, ça se traduit aussi en dollars. À vous de déterminer combien ça vaut pour vous.

Un courtier d'assurances qui facilite vos démarches en cas de sinistre; un quincailler au coin de la rue*; un pain fait à la main par un boulanger qui égaie votre ville ou votre village; un pneu plus dispendieux, mais plus durable et installé par un garagiste qui en profite pour vérifier gratuitement vos freins et vous aviser des entretiens nécessaire à venir (pas vous vendre une réparation bidon) : ce sont tous des choix qui me coûtent plus cher aujourd'hui, mais me permettent de prévoir les dépenses à venir, de faciliter ma vie et maintenir ce que j'appelle mon patrimoine économique. Et ça, ça n'a pas de prix.

Z'en dites?

* Faut absolument que j'vous parle de mon quincailler à Saint-Hippolyte, un tout petit Rona plein à craquer. Chaque fois que j'y vais, je suis personnellement accueilli et chaque client est accompagné par un des 4 ou 5 préposés présents, qui s'assure que vous trouviez chaque item sur votre liste. Sincèrement, ça fait chaud au coeur en cette époque où on nous a habitué à des préposés aux tabliers verts ou oranges, responsables de leurs 3 rangées et pas plus. Et honnêtement, avec un service de la sorte, m'en fous pas mal de payer ma bolt dix cennes de plus...


jeudi 26 avril 2012

Un peu de CELI, un peu de cela...


Suite à l'article précédentSarcasme sociétal et Sylvain Dubé m'ont tous les deux demandé si le CELI est une option intéressante pour entreposer notre fonds d'urgence.

J'admets que j'entretenais un préjugé défavorable envers les CELI; pour moi, REER et CELI : même combat (et vous connaissez toutes mes appréhensions envers les REER...). Mais les questions reçues m'ont permis d'approfondir mes recherches, d'en apprendre un peu plus sur les CELI et de me défaire de certains idées préconçues à leur sujet.

:: CE QU'IL Y A DE BON DANS UNE CRÈME DE CÉLI
  • WYSIWYG : contrairement au REER (qui nous laisse croire qu'on a 10 mille de côté, mais en fait, on a 10 000 $ - impôts...), le CELI n'est pas imposable au moment du retrait. Ce qu'on voit dans notre compte, c'est ce qu'on a réellement en poche;
  • Les intérêts générés dans un CELI ne sont pas imposables non plus.
  • Le CELI donne un taux de rendement supérieur aux comptes d'épargne stable (ES) — 1,15 % pour le CELI vs 0,05 à 0,1 % pour un compte ES. Grosso modo, sur 2000 $, on parle d'une différence de 20 piastres au bout d'un an...;
  • Le CELI semble offrir une façon simple et relativement rapide d'avoir accès à ses sous (entre 24 et 72 heures), ce qui est essentiel pour un fonds d'urgence;
:: POURQUOI LES ENFANTS N'AIMENT PAS MANGER DU CÉLI
  • Selon les institutions financières, il se peut que vous deviez payer des frais pour un retrait (hâtif ou non) à partir de votre CELI. C'est donc à vérifier selon l'endroit où vous prenez votre CELI;
  • Il faut aussi être très à son affaire avec un CELI : surveiller de ne pas dépasser la contribution annuelle maximale permise (sous peine de pénalités coûteuses), tenir compte de vos retraits et dépôts pour respecter cette limite, compter le nombre de transactions pour ne pas dépasser la quantité permise par votre institution financière, etc.
  • Bien que son taux soit plus intéressant que celui d'un compte ES, il n'est quand même pas si élevé que ça...
:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Deux mille dollars dans un CELI à 1,5 % de rendement (soyons plus généreux que Desjardins, quand même) engendre environs 30 $ de profits au bout d'un an (30,21 $, précisément).

Alors que maintenir un minimum de 2000 $ dans votre compte EOP — vous aurez alors droit à 25 opérations gratuites par mois et éviterez des frais de 6,50 $ — ça fait 78 $ par année, soit un rendement de 3,9 %.

Je vous laisse choisir votre propre stratégie, selon votre situation personnelle. Mais selon moi, il vaut vachement mieux sauver des frais ailleurs avant de placer son argent à 1,15 %. Et si vous ne payez déjà aucun frais bancaires, que vous n'avez plus de dettes (cartes de crédit, Hydro, impôts, etc.) et que le CELI est sincèrement le seul endroit où placer votre argent vous rapportera le plus, (en fait, où elle vous coûtera le mois), pourquoi pas?

Z'en dites?


mardi 24 avril 2012

Deux mille piastres en deux mil douze


Ne craignez rien, fidèles lecteurs : La p'tite caisse n'est pas morte!

Les dernières semaines étant consacrées (dans le désordre) au travail, à la famille, au printemps et à d'autres projets, je dois admettre vous avoir négligés. Et pour cela, je vous demande pardon. Mais nous essaierons de reprendre notre vitesse de croisière habituelle. Vous êtes toujours là?

*****

Notre ami Sarcasme sociétal nous demandait, il y a quelques semaines, kossé faire avec une vingtaine de portraits de Sir Robert Laird Borden. Je me permets une digression pertinente avant de répondre à ladite question.

:: LA PRÉMISSE

Pour atteindre l'autonomie financière et ainsi augmenter réellement son pouvoir d'achat, je prône (dans cet ordre) :
  1. L'élaboration et le respect d'un budget — personnel ou familial — réaliste et équilibré;
  2. Une stratégie pour minimiser — voire éliminer — vos dettes et les intérêts que vous versez (qui, je vous le rappelle, sont des bidous qui disparaissent dans un trou noir inutile);
  3. Un minimum de prévoyance pour contrer les urgences.
Je reviendrai sur le point 1 dans un article ultérieur.

Le point 2, c'est l'essentiel du propos de La p'tite caisse.

Le point 3, c'est ce qu'on appelle communément un fonds d'urgence. Et ce sera ça, notre sujet du jour.

Dans notre budget familial (je vous rappelle que je prépare un article dédié à ce sujet), ma conjointe (aka : blonde, dulcinée, âme soeur, tendre moitié...) et moi prévoyons déjà les dépenses anticipables :
  • X $ par semaine pour l'entretien des bagnoles;
  • X $ par semaine pour l'entretien de la maison;
  • X $ par semaine pour les achats de la puce (couches, vêtements, etc.);
  • X $ par semaine pour l'électricité, le téléphone, l'internet, etc.
  • X $ par mois pour les vacances d'été;
  • ...
Tout ce qui est prévisible est budgété. Donc, sous le poste budgétaire entretien automobiles, y'a toujours un p'tit lousse; nous en mettons plus de côté que pour couvrir une simple vidange d'huile. Un char, ça aussi besoin de pneus neufs de temps en temps...

Mais parfois, se pointe une couille. Et comme disait un de mes potes Français : « Quand y'a une couille, l'autre n'est jamais bien loin! »

D'où un petit fonds d'urgence; un montant qu'on a de côté, pas trop loin, facilement et rapidement accessible pour répondre à une dépense imprévue et imprévisible.

La hauteur de ce montant vous revient et dépend de votre style et rythme de vie. Si vous n'avez ni bagnole, ni piaule, le montant sera moins important que si vous avez quatre enfants, un Hummer, un condo en Floride et un chalet dans les Cantons de l'Est.

Personnellement, j'aime bien avoir un 3 à 5 mille dollars de coussin.

Alors...

Au budget familial, y'a du blé de prévu pour entretenir la voiture : vidanges d'huile aux 6000 km (ceux qui me connaissent savent que c'est re-li-gieu-se-ment respecté), un set de pneus aux 2 ans, réparations d'usage comme les freins et autres... Mais Ô diantre, ma clutch me laisse tomber et la gallipers (c'est toujours les gallipers!) sont dus. Facture soudaine de 1674 $ chez le mécano. Je fous ça sur Visa et je paye du 10 % d'intérêt?

Nope. Je pige dans le fonds d'urgence. Pis y'a pas de stress. Pis je garde mon blé plutôt que d'engraisser Visa et Desjardins et BMO.

:: 2000 en 2012

Je reviens — enfin? — à la question de Sarcasme sociétal.

Vous connaissez mon opinion sur les REER. Donc, le 2000 piastres, pas dans un REER. De toute façon, ce n'est pas un montant appréciable pour sauver assez d'impôt pour que ç'en vaille la peine.

Entre geler ce deux mil dans un placement qu'il serait difficile d'encaisser sans frais ou démarches fastidieuses, ou le mettre platement dans un compte épargne pour vous bâtir un coussin, je vous propose la 2e option.

Dans un simple compte épargne, votre deux mil dollars sera sagement là à attendre de vous sortir du pétrin un jour ou l'autre.

Vous n'êtes pas responsables avec vos sous? Appelez votre caisse ou banque et demandez-leur de mettre ça dans un compte épargne sans retraits. Personnellement, c'est ce que je fais. J'ai un compte ES (chez Desjardins) dans lequel je ne peux pas retirer avec la carte de débit ou virer via AccèsD. Je dois appeler ou écrire à ma caisse et dans les 24 heures, mon cash est transféré dans mon compte courant. Ça m'évite de prendre mon fonds d'urgence et de m'en servir pour m'acheter un iPad...

Vous êtes super responsables avec votre argent? Laissez le 2 k $ dans votre compte courant et inscrivez-vous à un plan qui vous fait économiser les frais de gestion.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Deux mille dollars peuvent vous paraître être un montant astronomique. Mais vous savez tous qu'une couille, une curve ball dans la vie, ça arrive vite et habituellement, ça coûte relativement cher.

Ça ne vaut pas la peine de placer 2000 écus dans un coffre-fort inaccessible et risquer de devoir financer un pépin parce que nos économies sont menottées. Fixez-vous un montant réaliste et assurez-vous d'avoir un fonds d'urgence.

Parce qu'encore une fois, vaut mieux avoir son argent accessible, quitte à perdre 2 % de rendement, que d'avoir une couple de mille qui dorment pendant que vous payez 5, 10 ou 15 % d'intérêt en crédit.

Z'en dites?

P.S. Un voyage imprévu dans un tout inclus à Cuba, ce n'est pas une urgence...

 

jeudi 29 mars 2012

Organisez votre propre liquidation du printemps


(J'aimerais commencer en offrant un énorme merci à karoussel pour l'illustration. Le monsieur, yé content!)

Le temps est une ressource limitée. Malgré nos rêves et nos souhaits les plus fous, on n'aura malheureusement jamais le temps — ni les moyens $$$ — d'accomplir tout ce que l'on souhaite dans la vie. En commençant par nos activités et passe-temps.



Il y a un peu plus d'un an, j'écrivais cet article. J'y proposais de faire l'inventaire de ce que l'on aime réellement dans la vie et, en parallèle, de ce que l'on possède. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, souvent, les deux ne sont pas complémentaires. Ils peuvent même se nuire mutuellement.

Ce que j'aime réellement :
  • Marcher dans l'bois, été comme l'hiver;
  • Faire du camping;
  • Me balader en moto;
  • Gosser autour de la maison, pour réparer, améliorer et construire;
  • Lire et — évidemment — écrire.
Voilà. Au cours des prochaines années, je ne crois pas avoir le temps — ni le désir sincère — de faire autre chose que ce que contient la courte liste ci-haut.

Alors, pourquoi ai-je autant de babioles qui peuplent mon espace physique? Pourquoi ai-je plein d'autres projets — relativement moins importants ou émotivement moins prenants — qui détournent mon esprit? Pourquoi consacrer des sommes plus ou moins importantes à autre chose que ces activités qui me sont chères?

Je ne cesse de le dire à propos de notre vie financière, personnelle et professionnelle : il faut constamment faire des choix. Conscients. Éclairés. Et un choix entraîne inévitablement un sacrifice. Mais ces sacrifices sont essentiels à l'atteinte de nos objectifs. Car en ne faisant aucun sacrifice, en fait, on sacrifie tout!

Pourquoi garder tous mes instruments de musique? Il y a 5 ans, je jouais régulièrement avec des amis et montais même sur scène à l'occasion. J'en tirais un réel plaisir, une grande satisfaction et c'était une de mes priorités à l'époque. Mais ce temps a passé et les choses ont changé.

Maintenant, mes instruments ne font qu'occuper de l'espace dans mon bureau, espace qui serait plus utile pour ranger des livres ou me sentir moins à l'étroit quand j'écris.

Mes instruments occupent aussi un espace dans ma tête; de temps en temps, une certaine culpabilité s'empare de moi et je perds une soirée à piocher sur ma basse, question de justifier sa présence dans ma vie. Et pendant ce temps, je néglige lectures, marches en forêt, fabrication d'une tablette... Je me néglige.

Mais surtout, mes instruments occupent un espace financier (je dois les entretenir un peu, quand même). Et c'est de l'argent qui dort. Oui, j'assumerais une certaine perte en vendant mes guitares achetées (pour la plupart) neuves. Mais la contrepartie, c'est d'les voir là, attirer la poussière et me priver de temps — que je préfère maintenant consacrer à d'autres activités — et d'argent, que je devrais consacrer à d'autres activités.

*****

La semaine dernière, Dame Nature nous a joué un tour et nous a fait croire que l'beau temps était ici pour de bon. Cette semaine, elle nous replonge dans le froid. Nonobstant, c'est le moment idéal de l'année pour faire un p'tit ménage du printemps. Commencez par dresser deux listes :
  • La première, Ce que j'aime réellement;
  • La deuxième, Ce que je possède.
Maintenant, tout ce qui se trouve sur la deuxième liste et ne contribue pas à vous épanouir selon la première : c'est out!

Liquidez. Vendez. LesPac, Kijiji, vente de garage...

Donnez. Aux amis, à la famille, aux pauvres, au bord du chemin, à l'écocentre/centre de réemploi...

Libérez. De l'espace mental et physique. Du temps. Du lousse dans vos poches!

Et interdit de rationaliser ainsi : « Oui mais, probablement qu'un jour, je reprendrai telle ou telle activité... ». Quand ce jour viendra, c'est que d'autres activités auront été écartées et vous reprendrez alors le cycle du ménage du printemps.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

Faire le point et se fixer des objectifs réalistes et concrets est, selon moi, la base même d'une santé financière personnelle et de l'augmentation de notre pouvoir d'achat. En poursuivant 1001 passions, on dépense temps et argent, sans jamais en tirer une véritable satisfaction.

  • Vous voulez faire le tour du monde? À quoi bon tous ces vêtements!
  • Vous adorez le vélo? À quoi servent le longboard, les rollerblades et votre kit d'escalade!
  • Vous désirez entreprendre l'aquarelle? Pourquoi tous ces livres de recettes!


:: À VOUS LA CAISSE

L'objectif étant de libérer du temps, de l'espace et des fonds, je souhaite entendre ce dont vous allez vous défaire. Vous verrez : il est facile de dire j'aime ça et ça, mais vachement moins évident de se départir de nos babioles. Et c'est pour ça que je suis surtout curieux de savoir ce qui sera « sacrifié » de votre vie. Et qui sait : peut-être trouverez-vous preneur parmi les lecteurs?


lundi 26 mars 2012

Quand une conseillère mord la main qui la nourrit...


Dans un article précédent, je vous avais promis une anecdote pour vous démontrer à quel point les institutions financières essaient de nous convaincre (nous anesthésier?) de l'importance d'investir et d'économiser et de placer et de REER-iser, alors que ce n'est souvent pas la voie la plus avantageuse pour nous, simples consommateurs. Voici cette anecdote.

Au printemps 2011, j'ai vendu mon bloc : un immeuble de 5 logements à Montréal. Acheté en 2001, le bloc a probablement passé les 10 plus belles années de sa vie, alors que je l'ai jalousement entretenu, constamment amélioré et rénové. Dix ans plus tard, il est passé aux mains d'un jeune couple qui — je le crois et l'espère — en prendront également soin.

Et nous — après 10 ans de travail, de soucis et de gestion —, nous avons dégagé un profit de cette vente. Une somme appréciable avec laquelle nous hésitions entre 2 options :
  • Appliquer cette somme sur l'hypothèque de notre maison (25 ans, 3,25 % taux fixe sur 5 ans);
  • Placer cette somme et en tirer un rendement.
La plupart de mes amis — dont l'un, conseiller financier — ne cessaient de me répéter qu'il fallait placer ou investir cette somme. Selon eux, c'était clairement l'option la plus rentable. Mes calculs à moi me prouvaient le contraire. Et aucun de mes amis ne pouvait, chiffres à l'appui, me démontrer le bien-fondé de leur théorie. Ils me parlaient de taux, d'amortissement, de retour sur investissement, d'avantages fiscaux, de crédit d'impôt, de pluie et de beau temps. De beaux concepts et de belles théories, mais leurs chiffres étaient absents à cette discussion. Et les miens se trouvaient bien seuls.

Toujours ouvert d'esprit, j'ai donc pris rendez-vous avec ma conseillère chez Desjardins et lui ai posé la simple question suivante : « Madame, devrais-je consacrer cette somme à mon hypothèque, ou me suggérez-vous un placement quelconque? »

Sa réponse fut brève, surprenante, mais surtout honnête :
« Monsieur Plourde, nous faisons affaires ensemble depuis plus de 10 ans. Le Mouvement Desjardins voudrait que je vous conseille d'investir cette somme. Mais entre vous et moi, ce qui est le plus rentable pour vous, c'est de payer votre hypothèque le plus rapidement possible. »

Et vlan!

Ma conseillère m'a répété que ses patrons ne seraient pas nécessairement d'accord avec ce brin de sagesse (d'où le fait que je ne la nomme pas explicitement dans ce récit), mais a réitéré qu'elle serait incapable de me montrer d'autres chiffres que ceux qui appuient son propos et confirment mon intuition. Desjardins veut que je continue de payer mon hypothèque et que j'me bâtisse en parallèle un bas d'laine (parce que selon Desjardins, c'est important un bas d'laine!), mais ce n'est pas l'avenue qui mettra le plus d'argent dans mes poches; c'est l'avenue du système.

Mon avenue à moi :
  • payer l'hypothèque (et toute dette) ASAP;
  • se ménager ainsi beaucoup d'intérêt (une maison hypothéquée coûte beaucoup plus cher que son prix initial);
  • économiser ensuite avec le lousse budgétaire que permettent les paiements amoindris;
  • et si jamais j'me retrouve dans la grosse merde, j'ai toujours une marge hypothécaire sur laquelle je peux me rabattre.
:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

On l'a évoqué précédemment : pour les institutions financières, I (les intérêts qu'ils vous imposent) doivent invariablement être supérieurs à R (le rendement qu'ils vous offrent).

N'allez pas croire que dans tous les cas, payer une dette est plus payant que de tirer avantage d'un investissement; il y a de rares exceptions où l'inverse est possible. Mais je vous le répète : prenez toujours le temps de calculer. Les pions du système en place — souvent malgré eux et à leur insu — font la promotion d'un discours prémâché. Un discours qui nourrit la bête économique. Mais les chiffres, eux, ne mentent jamais.

Calculez combien vous coûte réellement un achat ou un prêt; calculez ensuite combien vous rapporterait réellement ce montant, si investi. Présentez vos chiffres et vos calculs aux conseillers et planificateurs de ce monde. S'ils peuvent vous contredire et vous présenter un raisonnement qui tient la route, soit. Mais s'ils se perdent dans des explications incompréhensibles, ont recours à des théories fiscales que vous ne saisissez pas ou — pire encore — vous font sentir que vous faites face à des enjeux trop complexes pour que vous les compreniez, méfiez-vous.

Parce qu'un vrai conseiller saura vous convaincre, pourra vous montrer des chiffres qui parlent et fera preuve d'honnêteté, de transparence et de confiance en vos moyens.
La vérité, c'est que votre intuition vous pointe souvent dans la bonne direction. Vos connaissances en finance personnelle ne sont pas si nulles que vous le croyez. Vous avez les moyens et la capacité de prendre les décisions les plus avantageuses pour vous.
Z'en dites?

:: À VOUS LA CAISSE

Revivez votre dernière rencontre avec votre banque, caisse, conseiller ou comptable. Êtes-vous sorti de la pièce en vous sentant dépassé par les événements, étourdi par tant d'explications? Est-ce que cette personne a réussi à vous faire changer d'avis, sans que vous sentiez que ses arguments étaient tangibles et réalistes? Vous êtes-vous soudainement affublés d'une étiquette j'suis trop niaiseux pour comprendre? Le regrettez-vous? Parlez-nous en ici, en commentaire.


mercredi 21 mars 2012

Brouiller les cartes


Une seule fois par année, le facteur vous livre une carte d'anniversaire. Ça, c'est l'fun!

Mais chaque mois, il vous apporte d'autres cartes. Et là, souvent, c'est pas la fête du tout.

Visa : solde de 472 $;
Master Card : solde de 736 $;
Citi Esso : solde de 397 $;
Carte HBC : solde de 784 $;
AmEx : solde de 843 $.

*****

On l'a entendu et réentendu. On se l'est fait marteler à maintes reprises : trop de gens ont trop de cartes de crédit, donc trop de dettes à la consommation.

« Ouains... Facile à énoncer et dénoncer l'grand, mais j'suis juste incapable de "clairer" l'une ou l'autre de ces cartes pour m'en sortir! »

Attention : cet article ne sera pas un discours prêchi-prêcha sur l'urgence d'éliminer ces dettes. Nous allons simplement envisager une stratégie différente pour minimiser le fardeau que tous ces comptes mensuels peuvent vous imposer.

:: FAIRE FACE À LA MUSIQUE

En ayant une panoplie de comptes différents, vous avez probablement l'impression d'avoir quelques petites dettes, sans importance. Faites le grand total, pour le fun. Dans l'exemple donné ci-haut, c'est une dette globale de 3232 $. Avouez que déjà, vous avez une meilleure idée de votre situation et que — je l'espère sincèrement — vous avez soudainement envie de vous attaquer à votre dette.

:: TAUX, C'EST TROP!

Quel est le taux de chacune de ces cartes de crédit? Possiblement qu'il oscille entre 9 et 20 %. Pourquoi payer plus du double d'intérêt à la compagnie X, alors que Y vous fait une meilleure offre?

:: JOUER UNE SEULE CARTE, MAIS LA BONNE!

Alors, que faire? Consolidez tous vos soldes sur une seule carte de crédit. Vous aurez un meilleur portrait de votre situation, et ce, sur un seul relevé mensuel. J'vous jure qu'inconsciemment, ça fait une grosse différence de voir entrer un seul compte; on se sent vachement moins démuni devant une seule dette que devant une demi-douzaine de créanciers différents. Vous n'aurez plus l'impression de courir à gauche à droite pour trouver le moyen d'assumer le paiement minimum exigé par chacun de vos prêteux d'plastique.

Vous pourrez également consolider le tout sur la carte vous offrant le meilleur taux. Et qui plus est, un taux de crédit, ça se négocie! Appelez Visa, dites-leur que vous voulez consolider trois mille dollars sur une seule carte (et flattez-les dans le bon sens du poil en disant que vous envisagez Visa parce que vous avez toujours été satisfait avec eux bla bla bla...), mais demandez-leur aussi quelle offre ils peuvent vous faire pour vous accommoder. Faites-leur savoir que vous magasinez votre consolidation. Moyennant de légers frais annuels, votre taux pourrait passer de 21 % à 7,9 % (je l'ai vécu moi-même il y a quelques années).

Pas content de la réponse de Visa? Appelez Master Card et refaites le même pitch de vente. Même si c'est la carte qui vous impose le taux le plus élevé, ils seront probablement très heureux de vous faire une offre pour voir votre solde tripler sur leur carte.

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

En consolidant tous vos soldes auprès d'un seul créancier, il devient plus facile de prendre conscience de l'ampleur réelle de votre dette. Du même coup, la gestion de cette créance devient moins lourde : un seul paiement à un seul endroit en un seul moment = moins de chances d'oublis. Et suivre l'évolution de votre dette — on vise évidemment sa régression — se fait en un clin d'oeil.

Mais surtout, vous devenez un client plus intéressant auprès des carteux, ce qui vous donne instantanément un meilleur levier afin de négocier un taux réduit ou un forfait intéressant.

Z'en dites?

Dans de prochains articles, nous parlerons d'autres facteurs à considérer dans le choix d'une carte de crédit et vous je vous donnerai mon p'tit truc perso pour ne jamais être pris au dépourvu quand arrive l'état de compte. Nous aborderons également l'option d'utiliser une autre source de crédit pour économiser des sous.


jeudi 15 mars 2012

Comment sauver 5k $ sur votre prochaine voiture


Note importante : Cet article me tient incroyablement à coeur. Pourquoi? Parce qu'il brise l'endoctrinement que les grands bonzes de l'économie — ceux qui tiennent les ficelles de nos bourses — nous imposent depuis toujours; il remet en question les concepts « d'épargne » et de « financement » qui dictent nos vies économiques et font le plaisir (le profit) des banques et des créanciers.

S'il y a quelque passage que ce soit qui vous déroute, s'il vous plaît, manifestez-vous! Je tiens à ce que mon propos soit limpide et prendrai le temps d'apporter les précisions nécessaires. Comprendre cet article, c'est — à mon humble avis — le premier pas vers une sérieuse remise en question des incohérences qu'on nous fait gober. C'est entreprendre le cheminement vers l'autonomie financière.

:: LES BANQUES VOUS REMERCIENT POUR DE BEAUX PROFITS!

Le principe de toute banque — ou caisse — est simple : ils vous empruntent de l'argent (ce qu'ils appellent un placement, pour vous impressionner) à un taux R (rendement). Une fois qu'ils ont votre argent en main, ils vous la prêtent à un taux I (intérêts).

Pour qu'une banque fasse de l'argent, il faut INÉVITABLEMENT que I soit plus élevé que R.

I (ce qu'ils vous chargent en intérêt) moins R (ce qu'ils vous offrent en rendement) = PROFITS (... pour la banque, pas pour vous...)

I > R. C'est inévitable et immuable. C'est la loi du marché.

L'inverse (R < I), c'est de l'altruisme. Et y'a pas un traître commerce qui génère des profits (ou qui survit, tant qu'à y être...) en faisant preuve d'altruisme.

Puisque les banques déclarent des profits mirobolants, c'est CERTAIN que leur I est christement plus grand que leur R!

:: LES CALCULS (n'ayons pas peur des chiffres; ça ne fera pas mal!)

Vous désirez — ou devez — acheter une bagnole.

Je reprends l'exemple de la Honda Civic d'un billet précédent :

Achat comptant                  20 135 $
Financé sur 4 ans @ 3%     25 694 $ = 535,30 $ par mois
Financé sur 7 ans @ 4 %    28 043 $ = 333,85 $ par mois

Vous avez aussi des REER ou placements?

Selon le site de Desjardins et le site de la Banque Nationale, vous pouvez en espérer un rendement moyen de plus ou moins 2 %.

Soyons généreux et optimistes : disons 2,5 % (cadeau que j'vous fais, d'même!).

DÉJÀ on peut voir QUE VOUS ÊTES PERDANTS!

Encaissez votre REER qui vous rapporte 2,5 % et ÉCONOMISEZ 4 % que vous auriez payé en intérêts (de l'agent flushé dans le fin fond de la toilette, on s'en souviendra!). I > R. Point.

:: RÉFUTER LES INCRÉDULES (si vous le souhaitez, consultez ce petit chiffrier qui fait état de mes calculs)

« Oui, mais je compromets ma retraite! »

Si vous avez les moyens de payer le char à 333,85 $ par mois, vous avez donc les moyens de re-cotiser à votre REER à la même hauteur! Ce montant placé dans un REER (2,5%) pendant 7 ans = 30 992,43 $.

« Oui, mais pendant que je renfloue mon REER, je n'ai plus de capital dans ce même REER pour que mes intérêts continuent de s'accumuler. »

Votre REER rapporte moins que ce que vous coûte le prêt-auto! I > R! Y'a donc toujours plus d'argent qui sort de vot' poche que c'qui y rentre! Et l'argent qui sort sert à payer du vent (des intérêts pour lesquels vous n'avez rien de tangible en échange).

« Et pour avoir le 20 mille piastres pour payer le char, va falloir que j'encaisse un REER de près de 30 mille parce que je vais payer de l'impôt dessus! »

Vous avez encaissé près de 28 600 $ aujourd'hui pour payer la bagnole, mais en aurez presque 31, sept ans plus tard. Qui plus est, l'argument de l'impôt payé est un sophisme qu'adorent utiliser les pions du système économique en place : l'impôt, vous allez en payer de toute façon quand vous allez retirer votre REER au moment de la retraite! Peut-être moins... Je dis bien peut-être! Qui sait quel sera le taux d'imposition dans 25 ans? Croyez-vous que Misteur Har'peur — le même qui nous casse les couilles avec son désir de sabrer dans les régimes de pension — a l'intention de baisser notre taux d'imposition? Pense pas moué...

:: EN FAIRE PLUS AVEC LE MÊME ARGENT
  • Achetez votre bagnole au prix qu'elle vaut réellement : 20 135 $ (économie de 8000 $)
  • Encaissez un REER de 28 500 et au bout de 7 ans, vous l'aurez renfloué à hauteur de 31k (petit profit de 2500 $)
  • Si vous ne l'aviez pas encaissé (mais cessiez d'y cotiser pour payer l'auto), le REER vaudrait 33 877 $.

Vous avez sauvé 8000 su'l char, avez fait 2500 $ de plus et, au pire, avez perdu 5400 $ d'intérêt (sur le REER encaissé).

C'est-tu moué, ou j'viens de vous faire sauver 5000 piastres en 7 ans? Et il n'y a pas un sou de plus qui est sorti de votre poche : le 333 $ par mois (sur 7 ans) est allé vers un placement, au lieu du paiement de voiture. J'attends celle ou celui qui pourra me prouver, chiffres à l'appui, que le raisonnement ne tient pas la route.

D'ailleurs, lors d'un prochain billet, je vous raconterai une anecdote qui appuie et corrobore ce raisonnement. Mettant en vedette ma propre conseillère chez Desjardins. Oui oui!

:: DANS L'FOND D'LA CAISSE

J'entends déjà vos doléances, à l'effet que vous n'avez pas 30 mille en REER ou en placement. J'en conviens. Mais je suis certain que si vous y pensez un peu, vous trouverez des économies quelque part qui pourraient déjà diminuer le montant du financement.

Ce que j'aimerais que vous r'teniez, c'est qu'on se fait marteler depuis des décennies qu'il faut économiser à tout prix et se monter un bas de laine. D'accord. Mais je crois d'abord et avant tout que chaque achat financé (auto, stéréo, lavabo, Nintendo) devrait faire l'objet d'un examen bref, mais réfléchi. Car souvent, très souvent, se servir de son bas de laine — en se promettant de le renflouer — est vachement plus rentable pour chacun d'entre nous. Parce qu'invariablement, les I qu'on nous soutire seront plus importants que les R qu'on nous offre. C'est la loi du marché, et on n'enfreint pas la loi.

NDLR : Je sais que cet article contient une bonne dose de chiffres et de calculs. J'ai essayé de garder le tout le plus simple possible afin de ne pas perdre le lecteur en cours de route. Également, je tiens à préciser que l'exemple de l'auto utilisé pour la démonstration n'est justement qu'un exemple : vous comprendrez que le raisonnement s'applique à tout achat dont le taux d'intérêt est supérieur à zéro.



mardi 13 mars 2012

J'suis trop pauvre pour acheter cheap!


Il y a quelques années, j'avais une discussion avec un bon pote à moi. Au sujet de sacs à dos. Pour ses gosses (il est Français, alors ses gosses, c'est pas c'que vous pensez...).

Nous constations que les sacs à dos achetés dans les grandes surfaces — ceux que l'on trouve sous une affiche Chute de prix 19,83 $ — ont une durée de vie bien courte : un an, au mieux. Une année scolaire en fait. L'année suivante; retour en grande surface, retour dans le portefeuille et retour à la case départ. Les gosses ont besoin d'un nouveau sac d'école. Celui de l'année précédente est déjà en lambeaux.

Je lui parlais alors de mon propre sac dorsal, acheté 2 ou 3 ans plus tôt. Oui, il m'avait amputé le compte d'une centaine de balles, mais il avait encore l'allure d'un neuf, malgré une utilisation quotidienne et souvent abusive. Transport quotidien de mon matos et lunch. Sac de voyage le weekend. Sac de randonnée pédestre. Sac de pluie (housse hydrofuge intégrée). Sac avec de belles grosses straps qui me permettent d'y accrocher skis, raquettes et bâtons de marche.

Ce sac, je l'ai encore. Et j'en abuse encore. Et il a toujours TRÈS fière allure. Et cet été, on fêtera ses 10 ans de service. Et il ne semble pas près de — ni prêt pour — la retraite.

Jamais eu besoin d'le réparer. Deux fois par année, il fait un périple dans la laveuse (il est coquet, mon sac!). Et il tuff la run!

:: PETIT CALCUL

Sac grande surface, supposément économique : une 20aine de piastres par année (ou 200 $ au bout de 10 ans).

Mon sac haut de gamme : 100 dollars sur 10 ans = 10 $ par année.

Avantages du sac dit haut de gamme :
  • Design ergonomique (donc vachement confo);
  • Incroyablement polyvalent et fonctionnel;
  • Empreinte écologique négligeable;
  • Construit de façon à pouvoir être réparé (malgré le fait qu'il n'en manifeste toujours pas le besoin);
  • Et si j'avais fait mes devoirs à l'époque, j'aurais pu ajouter Made in Canada (un atout majeur pour mon propre avenir financier).
Et malgré le fait qu'on le considère haut de gamme, mon sac dispendieux me coûte ultimement moins cher que l'sac en solde! Je suis donc sincèrement trop pauvre pour acheter de la camelote! Je ne peux pas me permettre de payer un sac à dos le double du prix.

Je ne peux me permettre un sac qui n'est pas confortable.

Je ne peux me permettre un sac qui ne répond pas à tous mes besoins de transport de marchandises.

Et personne ne peut se permettre de remplir les dépotoirs à raison d'un sac par année.

:: AU FOND D'LA CAISSE

Avant de sauter sur l'aubaine de la s'maine ou le deal incroyable, faites l'exercice de calculer le coût d'un article selon sa durée de vie anticipée. Attardez-vous aux avantages du produit dit dispendieux et aux autres impacts positifs de cet achat réfléchi. Vous verrez que très souvent, ce qui semble a priori être une bonne affaire, se révèle être l'affaire à ne pas faire.

Et mon pote français dans tout ça? Chose certaine, ses gosses — comme toutes les gosses — méritent un sac durable et confortable!